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TEXTE PROVOCATEUR

Comment faire échouer les élèves ?

samedi 16 février 2013, par Philippe Clauzard

- Comment faire échouer nos élèves ? en école maternelle et élémentaire
- Ce recto-verso est particulier. Il est écrit en forme de provocations. Cependant, derrière elles, se cachent des conseils permettant à un enfant de tous cycles de trouver sa place à l’école et d’y apprendre son métier d’élève en s’y épanouissant.

- 1. Le climat  : a. Stressez vos élèves ! « Vite ! vite ! On a perdu beaucoup de temps... » ou b. Laissez le temps s’écouler doucement. c. Soyez le plus imprévisible possible, n’annoncez pas le travail de la journée (« menu »). Supprimez l’EPS (« Pas le temps ! » « Il pleut ! »), l’informatique et les Arts visuels (« Vous n’avez pas été sages ! »). d. Improvisez et ne justifiez pas : ils n’ont pas besoin d’explications de notre part ! e. Parlez beaucoup, écrivez peu. Les élèves sont là pour écouter. Votre temps de parole doit être proche de 80 %. f. Ne faites pas reformuler les consignes : c’est du temps perdu. A eux d’être attentifs ! N’en donnez pas, ou donnez-en une contradictoire. Puis lâchez « Faites ce que vous voulez. ». g. Laissez s’installer les moqueries (sur l’apparence physique ou sur les qualités intellectuelles) : chacun doit apprendre à se défendre. Pas besoin de débattre pour cela ! h. Ne réglez pas les incidents de la cour de récréation, c’est un lieu à part. i. Donnez des punitions collectives. j. Confondez jusqu’à la Toussaint les prénoms de 2 enfants. Appelez-les par leur nom de famille ou dites avec affectation et très fort « Monsieur Tristan, que nous a encore fait Monsieur Tristan ? ».

- 2. Les activités  : a. Privilégiez deux domaines (la langue, les nombres en Maternelle) ou deux disciplines (Français/Maths). Tant pis pour les élèves qui ont des aptitudes en EPS ou en arts visuels, ils verront cela plus tard ! Priorité à l’hémisphère gauche du cerveau. b. Ne faites pas de bilan d’étape ou de synthèse : pour quoi faire ? En maternelle, si un enfant, ne participe à rien, ne vous inquiétez pas. Laissez-le, ne le sollicitez pas : il a le temps ou alors, c’est qu’il n’est pas prêt. c. Ne revenez pas le lendemain sur ce que vous avez fait la veille : perte de temps. La conception des apprentissages en spirale, c’est une plaisanterie. d. Enfilez les activités les unes après les autres, ne les reliez pas à un projet. Ne faites pas de pauses, pas le moment ! Les rythmes de l’enfant, n’en tenez pas compte. Les élèves sont là pour s’adapter à vous ! e. Faites copier les leçons juste avant de sortir si possible dans la précipitation : c’est aux élèves de se dépêcher. Tant pis si les parents attendent et râlent dehors ! f. Ne lisez jamais d’histoires, l’ouverture culturelle c’est encore pour nous créer des complications. Le programme est déjà lourd, pourquoi en rajouter ? g. Quand vous expliquez, faites-le toujours de la même manière. Que ce soit pour des images séquentielles ou pour un exercice de maths, montrez qu’il y a une méthode et une seule.

- 3. L’évaluation : plusieurs méthodes. a. N’évaluez pas, c’est inutile. b. Tardez pour rendre les dessins, le travail et ne faites pas échanger vos élèves sur ce thème. Ces interactions ne servent à rien : les élèves sont là pour corriger, c’est tout ! Ne laissez pas afficher les travaux réussis. c. Répartissez les enfants en trois groupes : les bons, les moyens, les mauvais. C’est la courbe de Gauss, inéluctable. d. Instaurez des premiers et des derniers : la compétition, c’est bon pour forger le caractère ! e. N’ayez pas peur de mettre des zéros aux dictées et écrivez : « c’est encore insuffisant, tu ne revois pas tes mots à la maison ! »

- 4. Les élèves  : a. Faites de fines allusions à la vie privée des élèves (maladie, chômage d’un parent …) « Ton frère était plus sérieux ! Avec le métier que fait ton père ou ta mère, ce n’est pas étonnant ! » b. Répétez aux collègues sur la cour, ce que vous a dit un parent dans la plus grande confidentialité. c. Ne développez pas la solidarité dans votre classe, ni le travail en groupe : dans la vie c’est chacun pour soi ! d. Prenez soin des plus faibles et des plus lents. Dites aux autres qu’ils ont des difficultés. Si ils réussissent, faites-leur remarquer que quand ils veulent, ils peuvent ou ajoutez « Tu as réussi, pour une fois ! ». e. Dites, un beau jour, que cette classe est vraiment nulle, répétez-le aux collègues, puis aux parents.

- 5. La classe : a. Ne la décorez pas (si c’est pour enlever dans quinze jours !) ou mieux : gardez la déco de l’an passé ! Et les élèves en ont-ils besoin ? b. Qu’elle soit uniquement un lieu d’apprentissage, sobre, gris. Pas un lieu de vie où il fait bon vivre ensemble.

- Conclusion : Plus sérieusement, nous nous retrouverons mieux sans doute dans les lignes qui suivent : « Le bon enseignant lui-même est motivé. Il crée un climat de classe serein. Il lit, aime lire et faire lire. Il met en confiance les élèves. Il les encourage. Il porte un regard positif sur chacun. Il donne envie de venir à l’école. Il met en place des solutions de coopération et d’entraide. Il valorise les efforts et les réussites de chacun plus qu’il ne sanctionne les échecs. »

Source : Revue Recto/Verso, Février 2004 Numéro 15 élaboré par les Circonscriptions Angers III et VII, en ligne àhttp://www.ia49.ac-nantes.fr/html/I...

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