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COURS 7 : LE 3 AVRIL SUR LES COURANTS ACTUELS RELATIFS AUX THÉORIES DE L’ACTIVITE & EXEMPLIFICATION D’UNE RECHERCHE

lundi 25 mars 2013, par Philippe Clauzard

La théorie de l’activité est née des théoriciens soviétiques du début du XXe siècle. Ces théories reviennent sur le devant de la scène avec les théories de la cognition et de l’apprentissage. Nos activités sont insérées dans une matrice sociale qui est composée d’individus et artefacts, d’outils. La prise en compte du contexte dans la compréhension d’une activité est une caractéristique fondamentale de la théorie de l’action. Les objets de recherche des théories de l’activité sont des systèmes complexes plutôt que des individus. Il est accordé une place plus large au processus de médiation est internalisation des artefacts. Leontiev, un des fondateurs de la théorie de l’action distingue trois niveaux d’activités : les activités proprement dites, des actions et les opérations. Les activités sont en relation étroite avec un but conscient, une motivation et peuvent donner lieu a une multiplicité d’actions. Ils ont trait à une finalité, une intention. Les actions s’effectuent par des opérations qui sont des procédures compilées et inconscientes. Une action peut servir plusieurs activités : par exemple faire cuire de l’eau de servir à faire du thé, faire des inhalations pour guérir de la grippe ou pour faire cuire des œufs… Une action répond toujours a un but. Et une opération permet l’exécution de l’action selon des conditions nécessaires. Les actions et les opérations sont dans une relation dynamique qui permet à une action de devenir une opération. Au fur et à mesure que des actions deviennent des opérations, le sujet peut s’occuper d’actions de plus haut niveau. Lorsque les conditions d’exécution d’une opération ont changé, celle-ci peut à nouveau obtenir le statut d’action pour être spécialisée et adaptée à ses nouvelles conditions. On observe ainsi qu’en situation de travail ou de quelques autres activités quotidiennes, le sujet produit des activités mentales de haut niveau, de conceptualisation au fond de ses actions, pour reprendre une idée de Gérard Vergnaud. En Résumé : une activité est associé à un motif, une action à un but et une opération à des conditions nécessaires à l’exécution de l’action.

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Pour conclure, notons que la prise en compte du contexte dans la compréhension d’une activité est une caractéristique fondamentale de la théorie de l’activité. D’une certaine façon cela rejoint le paradigme de Gérard Vergnaud entre schème et situation (une organisation invariante de l’activité dans une. Classe de situation donnée). Ainsi que les positions théoriques de la didactique professionnelle et ses notions d’organisateurs de l’activité dans un contexte singulier avec un sujet tout aussi singulier...

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La Didactique Professionnelle prolonge les théories de l’activité avec l’ajout d’une dimension d’analyse de l’apprentissage, outre celle d’analyse de l’activité...

P.-S.

La thèse de la didactique professionnelle, pour sa part, conçoit le développement professionnel comme étant un processus d’élaboration de schèmes, d’invariants opératoires, 19 de concepts organisateurs de l’action (Pastré s’inspirant de Vergnaud et le prolongeant). Selon cette thèse, un opérateur construit des invariants opératoires dans sa confrontation aux situations professionnelles. Pastré (1999, p. 24) prend le cas des ingénieurs de centrales nucléaires qui apprennent en formation un « modèle épistémique » de l’installation et qui, une fois en conduite de centrale, en voient l’insuffisance et doivent développer un « modèle pragmatique ». Pastré propose la notion de concept pragmatique, « des concepts que les opérateurs mobilisent dans l’action notamment pour faire un diagnostic de régime de fonctionnement de leur machine »10. Ces concepts pragmatiques sont appris dans les échanges et en situation. Cet auteur développe également la notion de structure conceptuelle de la situation, elle correspond à « l’ensemble des éléments conceptuels, qu’il s’agisse de concepts scientifiques ou de concepts pragmatiques, qui permettent de faire un diagnostic de régime de fonctionnement du système » (opus cité, p. 24). 10 Le concept de bourrage est pris comme exemple. « Un concept pragmatique est défini par une relation de signification qui comporte deux étages : il y a d’abord une relation entre un signifiant observable et un signifié de nature conceptuelle, deuxièmement il y a une relation de référence entre l’ensemble signifiant/ signifié et la situation dans son ensemble » (Pastré, 1999, p. 19).

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