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Ecrire pour apprendre

Le journal des apprentissages : un outil en faveur de l’apprentissage de la réflexivité scolaire

Tout sur le JDA

mardi 1er avril 2014, par Philippe Clauzard

Le journal des apprentissages est un outil en faveur de l’apprentissage de la réflexivité pour mieux apprendre, mieux penser à l’école les objets de savoir qui sont des objets à apprendre, à secondariser. Le journal des apprentissages est un cahier dans lequel les élèves indiquent par écrit le processus et le contenu de leurs apprentissages. Il participe de l’élaboration d’un temps de debriefing ou d’entretien d’explicitation (termes empruntés à l’ergonomie) sur les apprentissages effectués. Ce journal personnel peut fournir quelques informations à l’enseignant sur la cognition de l’élève : ses représentations, ses difficultés, son cheminement... devant un objet de savoir enseigné. Et permettre un travail de remédiation si le besoin s’en fait sentir. (Voir article sur le debriefing scolaire : http://formations.philippeclauzard.... ) Ci-dessous, une petite revue littéraire sur le JDA, journal des apprentissages.


LE JOURNAL DES APPRENTISSAGES : QUELLE RÉFLEXIVITÉ ? : http://evenements.univ-lille3.fr/re...

L’écriture, à l’école élémentaire, d’un « journal des apprentissages » s’inscrit dans une tendance actuelle à mettre l’accent, tôt dans la scolarité, sur la réflexivité. Cette pratique profite-t-elle aux élèves en grande difficulté scolaire ? L’analyse du travail et des productions dans deux classes de ZEP indique certes des difficultés semblables à celles rencontrées dans d’autres activités nécessitant une écriture d’élaboration, mais aussi une lente évolution des écrits, de la récapitulation de tâches sur un mode impersonnel à l’identification d’apprentissages effectués. Le dispositif lui-même (l’alternance entre moments d’écriture et d’échanges oraux et l’absence d’enjeu de performance immédiatement évaluée) ne suffit pas à expliquer les progrès des élèves vers un recul métacognitif ; les manières de conduire l’activité, la progressivité des exigences et ce qui est verbalisé par l’enseignant, semblent aussi jouer un rôle déterminant.


Journal des apprentissages, réflexivité et difficulté scolaire : http://reperes.revues.org/402


Méthodologie du journal des apprentissages : https://www2.ac-lyon.fr/etab/ien/rh...

http://coditexte.creteil.iufm.fr/cr...

http://classedu.free.fr/spip.php?ar...

http://18b-gouttedor.scola.ac-paris...

http://forums-enseignants-du-primai...

http://forums.cartables.net/forum/i...


LE CAHIER DES APPRENTISSAGES : DE LA THÉORIE… À LA PRATIQUE DANS LES CLASSES :

http://ecolededemain.wordpress.com/...

Le dispositif est donc simple, austère même. Ses effets n’en sont pas moins notables, lorsque les enseignants qui l’adoptent ont la patience de l’inscrire dans un temps long. Pendant plusieurs jours, plusieurs semaines parfois, les textes obtenus déçoivent. Des listes d’activités, des emplois du temps presque. Besoin de structurer le temps scolaire en égrenant les tâches et en les catégorisant au sein de disciplines scolaires. Repérer ce qui attache ensemble des activités, des savoirs, des discours dans des logiques de disciplines ne va pas de soi. C’est sans doute un des enjeux de ces premiers écrits apparemment bien modestes, enjeu plus visible dans les discussions du matin auxquelles donnent lieu les écrits.

Est-ce aussi la difficulté à reconnaître, sous les tâches scolaires, les apprentissages que celles-ci permettent ? Sans doute aussi. Au fur et à mesure que le temps passe, les écrits s’allongent, des savoirs sont évoqués - " j’ai appris ", " j’ai compris " -, et non plus seulement des tâches et des disciplines, un point de vue personnel prend la place de l’énumération des moments de la journée, des choix sont opérés parmi les activités scolaires évoquées.

Les enseignants des classes soulignent les bénéfices que tirent les élèves de ce dispositif. Récapituler de cette manière aide les élèves à mémoriser, non par une restitution systématique, mais en obligeant à organiser le savoir, à opérer des rapprochements avec ce qui a été étudié à d’autres moments, à comparer les contextes où un même savoir est apparu. On trouve d’ailleurs, dans les journaux, nombre de considérations sur ce qui était nouveau et sur " ce que je savais déjà ". C’est aussi l’occasion, pour l’enseignant cette fois, de faire des mises au point, d’apporter des compléments, voire de modifier sa programmation. C’est enfin le point de départ de débats, parfois approfondis, sur le sens de tâches et de savoirs appréhendés d’abord par certains élèves de manière isolée ou anecdotique. [...] Moment d’argumentation où se constitue un langage commun, traduction et élément constitutif des acquisitions notionnelles ou stratégiques en cours.

Il faut donc souligner l’importance, dans ce dispositif, de l’articulation entre l’écriture et le débat oral. Chaque élève écrit et fait pour son propre compte un effort pour penser sa journée en termes d’apprentissages. Mais au cours des discussions qui suivent, les confrontations amènent chacun à évoluer. Il n’est pas rare que des élèves complètent ou reviennent ensuite sur ce qu’ils ont écrit, sans pourtant qu’ils en aient l’obligation.

[...]

En fin de compte, le journal des apprentissages est un objet ambigu et ouvert, dont l’intérêt réside justement dans l’ambiguïté. Nous proposons une tâche complexe d’écriture, sans aucun modèle au départ ; nous partons des formulations spontanées des élèves ; nous provoquons une confrontation entre élèves, où l’enseignant lui-même joue un rôle important. C’est par la pratique même de l’écriture et de l’oral réflexifs que les élèves construisent, petit à petit, une représentation de l’activité d’écriture du journal, en même temps qu’une représentation de l’activité d’apprentissage et de formation dans laquelle ils sont engagés.

Cette activité au long cours les conduit à développer trois types de stratégies utiles pour apprendre. Le journal amène à mémoriser, en répétant, en reformulant, en établissant des liens entre des savoirs. Il favorise des stratégies de contrôle métacognitif en mettant au jour les manières de s’y prendre pour réussir ou en obligeant les élèves à toujours évaluer le point où ils en sont, ce qu’ils ont compris ou non… Il développe enfin les stratégies d’élaboration qui consistent à intégrer constamment les savoirs nouveaux à des ensembles plus vastes. Par là, c’est le sens même des tâches scolaires qui se trouve constamment questionné. Non pas, comme on le croit parfois, pour mettre en évidence l’utilité d’un savoir, mais pour le situer dans un paysage plus vaste et dans une cohérence qui peuvent seuls lui donner sens, et intérêt. »

Voir en ligne : Outil du JDA, plus d’infos sur le web

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