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UNE PÉDAGOGIE DE L’APPRENTISSAGE AVEC DES SITUATIONS DIDACTIQUES OUVERTES

Faire apprendre avec des situations ouvertes

dimanche 7 octobre 2012, par Philippe Clauzard

Une maxime chinoise dit : "ne donne pas un poisson à ton frère qui a faim, apprends lui à pêcher."

- Construire une séquence d’apprentissage en école primaire sur un mode de situation ouverte semble une posture pédagogique favorable dans le domaine de l’étude de la langue, de l’étude des mathématiques, des sciences comme de l’histoire / géographie.

- Les niveaux de connaissances, les rapports à la disicipline scolaire, les compétences varient beaucoup d’un élève à l’autre. Une situation ouverte d’enseignement / apprentissage favorise la construction progressive de connaissances du côté des élèves ; et la prise d’indices pour l’enseignant sur la cognition des élèves. Cela permet d’appréhender les représentations des élèves, les pré-requis des élèves, leurs difficultés et handicaps pour apprendre de manière à réguler la situation didactique de classe.

- La situation ouverte s’oppose à la situation fermée : car il y a plusieurs réponses possibles de la part des élèves face à une question, face à un problème posé. Les élèves sont alors amenés à émettre des hypothèses, à rechercher des solutions, à expérimenter, à tâtonner pour in fine découvrir une réponse qu’ils peuvent confronter à celle d’autres camarades, ou celle de la classe.

- Ces multiples réponses favorisent les confrontations et les débats entre les élèves. Une situation fermée est une situation de contrôle de connaissances déclaratives, par ex. donner une date historique : 1515 ou faire conjuguer un verbe au présent. En revanche demander en littérature un avis sur le comportement d’un personnage est une situation ouverte à plusieurs réponses à débattre en classe.

- L’avantage essentiel de la situation ouverte est pour l’enseignant la possibilité de s’informer sur les représentations des élèves sur un sujet donné pour d’autant mieux faire évoluer ou transformer ces représentations. Parfois, cela offre l’opportunité de recevoir des informations sur les enfants auxquelles on a pas pensé : par ex. devant tel problème un enfant se situe sur un registre affectif. Lequel n’est pas le registre attendu pour que l’élève soit en capacité d’interroger l’objet scolaire à apprendre, soit en capacité de penser l’objet scolaire enseigné. Il convient que l’élève se situe à un niveau de la tâche et à un niveau de sa signification afin que se développe la secondarisation attendue ; c’est-à-dire le passage de l’usage à l’objet, le passage de l’objet de savoir enseigné en objet de savoir appris.

- Le programme scolaire d’une année de classe ne peut être enseigné avec cette seule méthodologie, seules les notions clefs de l’année d’apprentissage le nécessitent. Pour les autres moments, les situations didactiques peuvent être plus classiques, d’autant si les objets étudiés sont connexes à ceux déjà appris en situation ouverte.

P.-S.

Philippe Clauzard, Tous droits réservés, 2008

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