Spip d’archivages formations & recherches - philippeclauzard.com
Accueil du site > Autour de recherches > Mémoires > Développer un complément de formation après l’IUFM

Développer un complément de formation après l’IUFM

vendredi 7 octobre 2005, par Philippe Clauzard

3-5 : Développer un complément de formation après l’IUFM pendant les premières années d’enseignements...

Si une stagiaire pense pouvoir apporter son enthousiasme à l’équipe pédagogique de sa première école d’affectation, des connaissances à partager en littérature jeunesse, en informatique, et arts plastiques ; elle avoue en retour de grosses lacunes au niveau de la gestion de la classe et du groupe. Ce qui est le coeur de son métier... auquel l’IUFM ne l’a pas préparée ou très insuffisamment. Un suivi pendant les premières années d’enseignement par un IMF lui semble la meilleure façon de remédier à ses manques de formation. Un nouveau tutorat pourrait, d’après elle, lui permettre de démarrer la carrière dans une relation duelle d’aide aux préparations, de conseil pédagogique, de présentation du travail de l’un et l’autre, d’un véritable échange, avec la possibilité de joindre quelqu’un de compétent en cas de doute sur une préparation. Une façon aussi de rompre l’isolement pédagogique et didactique dans lequel de nombreux enseignants sont placés. Prendre du recul, se distancier sur sa pratique, verbaliser les choses vécues en classe, analyser son activité enseignante seraient des bénéfices importants en terme de professionnalisation des futurs enseignants. Une étudiante interviewée m’expliqua comment un travail l’obligea à un "recul objectivé" par une analyse de sa pratique professionnelle, qui développa une nouvelle compétence. Elle analysa, dans le cadre de son mémoire professionnel avec son directeur de mémoire, une séquence d’enseignement faite en classe pendant son stage en responsabilité. Son mémoire lui fut une expérience réellement formatrice dans la mesure où elle pourra dans sa carrière réinvestir cette démarche intellectuelle d’objectivation, de critique et ré-articulation de sa pratique enseignante. Cette piste m’apparaît être très intéressante pour améliorer la formation en IUFM. Le passage de la compétence incorporée à la compétence que l’on expose aisément ne s’improvise pas. La didactique professionnelle, non plus. Il faut donner à cette dernière les conditions de développement avec un module de formation en IUFM sur l’analyse des situations/pratiques professionnelles enseignantes. Il serait lié à l’élaboration du mémoire professionnel qui doit, selon les directives ministérielles, analyser justement une séquence d’enseignement. Cette nouvelle gymnastique intellectuelle serait mise à profit pour accompagner la carrière enseignante et plus particulièrement les trois premières années (PE3, PE4, PE5). Ce complément de formation en prise directe avec la situation professionnelle pourrait prendre diverses formes, en accord avec les contraintes institutionnelles : visites ponctuelles en classe du tuteur d’après IUFM, tutorat en ligne, forum d’aide sur l’Internet ; rencontres trois samedis par mois pour analyser sa pratique enseignante avec formateurs et collègues de même niveau de classe d’enseignement, une semaine de bilan en juin avec un mini-stage de formation selon les besoins de formation des professeurs des écoles identifiés avec eux. L’évaluation actuellement pratiquée en IUFM ne favorise guère chez les apprenants une posture professionnalisante. Le cadre d’un échange constructif apprenant-formateur est ignoré, la valorisation d’un esprit critique et constructeur semble occultée. L’institution paraît inexplorer un développement personnel des compétences par l’expérience, l’analyse des situations, la confrontation et les capacités d’inventivité des futurs professeurs. Tout se joue dans la prescription ou injonction, et une demande institutionnelle de reproduction de la "leçon". Il conviendrait de revoir aussi la fonction "évaluation" de cette formation et ses modalités d’application. L’institution aurait à gagner qu’elle s’avère formative et non plus sommative, et qu’elle se pratique en des lieux, à des temps, avec des personnes distinctes afin que le professeur des écoles négocie sereinement son entrée sur le terrain, transfère son portefeuille de compétences acquises dans une situation nouvelle, bien trop nouvelle pour qu’il ne soit et se sache évalué une semaine après la prise de fonction en stage de responsabilité de classe par des formateurs ( PIUFM ou IMF) en lesquels il doit pouvoir placer toute sa confiance.

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0