Spip d’archivages formations & recherches - philippeclauzard.com
Accueil du site > A la recherche du glissement conceptuel : un observable d’apprentissage > Le sentiment d’auto-efficacité, l’estime de soi et le développement (...)

Le sentiment d’auto-efficacité, l’estime de soi et le développement professionnel

mercredi 18 mai 2016, par Philippe Clauzard

Le sentiment d’auto-efficacité peut être mobilisé comme un indicateur des ressources professionnelles construites par l’individu pour réaliser efficacement ses tâches de travail. Selon Bandura (1980, 1986), les croyances d’un individu à l’égard de ses capacités à accomplir avec succès une tâche ou un ensemble de tâches sont à compter parmi les organisateurs potentiels des comportements. Le sentiment d’auto-efficacité est défini par l’auteur comme les jugements que les personnes font à propos de leur capacité à organiser et réaliser des ensembles d’action requises pour atteindre des types de performance attendues (Bandura, 1986). Selon certaines études, le sentiment d’auto-efficacité a une influence positive sur les performances des individus (Bandura, 2006). Les personnes dont le sentiment d’auto-efficacité est positif auraient tendance à augmenter et à maintenir leurs efforts face à des difficultés. Elles considèreraient les difficultés comme des paris à réussir plutôt que comme des menaces à éviter. Ainsi, selon Bandura, la motivation serait essentiellement régie par l’auto-efficacité perçue. Deci et Ryan (2000) distinguent deux formes de motivations. La motivation intrinsèque qui signifie que l’individu va effectuer une tâche uniquement pour le plaisir qu’elle procure. La motivation extrinsèque fait référence aux situations où l’individu effectue une tâche dans le but d’en retirer quelque chose (récompenses) ou à l’inverse pour éviter quelque chose de déplaisant (sanctions, punitions, etc.). Le concept d’estime de soi est davantage associé à une caractéristique générale du sujet (l’élève a une bonne estime de lui-même à l’école) qu’à une caractéristique liée à une tâche particulière (mais il ne se sent pas compétent en dessin). Il s’agit de la façon dont l’individu s’aime, s’accepte et se respecte en tant que personne (Harter 1998).

Les travaux en psychologie sociocognitive (Bandura, 1986, 2001, 2006) permettent de distinguer plusieurs autres concepts en lien avec le sentiment d’auto-efficacité. Ces concepts pourraient constituer des indicateurs du développement professionnel. Ils s’appuient sur le présupposé selon lequel les individus, au fil de leur expérience, développent une perception de leurs propres habiletés et caractéristiques, qui guideront par la suite leur comportement. Parmi ces concepts, il s’agit tout d’abord de la capacité de prévoyance des acteurs. Cette dernière fait référence à la capacité d’un individu à se motiver et à guider ses actions par anticipation des résultats. Ensuite, la capacité d’autorégulation qui se définit par le pouvoir que possède l’individu de contrôler son comportement. C’est par le processus d’autorégulation que l’individu passera d’un locus de contrôle externe à un locus de contrôle interne. Enfin, la capacité d’autoanalyse est le pouvoir qu’a l’individu d’évaluer ses expériences, de réfléchir sur ses processus de pensée et de les modifier.

Voir en ligne : Extraits de l’article : Le développement professionnel : quels indicateurs ? Revue Questions vives n°11

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0