Spip d’archivages formations & recherches - philippeclauzard.com
Accueil du site > A la recherche du glissement conceptuel : un observable d’apprentissage > Galpérine, pour penser l’orientation et les ajustements de l’activité

Galpérine, pour penser l’orientation et les ajustements de l’activité

vendredi 3 juin 2016, par Philippe Clauzard

-  La « base d’orientation » guide l’action d’un individu, elle peut être implicite en totalité ou en partie Elle répond à la définition suivante : « Un système ramifié de représentations de l’action et de son produit, des propriétés du matériel de départ et de ses transformations successives, plus toutes les indications dont se sert pratiquement le sujet pour exécuter l’action ». La réussite de l’action dépend en effet de la prise en compte des concepts organisateurs intégrés dans la base d’orientation et ses conditions indispensables à la réussite de l’action. A travers les opérations d’orientation décrites par Galperine, l’individu se représente le résultat à atteindre. C’est ce qui déclenche la sélection des opérations d’exécution les plus adaptées pour atteindre le but visé. C’est essentiel à la réalisation de l’action puisqu’il s’agit d’établir « le lien entre les conditions spécifiques et les propriétés pertinentes de la situation et les opérations d’exécution qui réalisent effectivement l’action, c’est-à-dire la performance ».

- Les opérations d’exécution se présentent comme des outils au service de l’action, elles sont donc apprises et résultent des interactions entre l’individu et son environnement : « Les opérations ne répondent pas aux motifs ou aux buts de l’action mais aux conditions dans lesquelles ce but est donné » comme l’affirme Leontiev. Que savons-nous du contexte, de la « situation » ?

Les opérations d’exécution assurent la dynamique concrète de l’enchaînement des comportements, la transformation effective de la situation en fonction du but visé. Leur nature (matérielle ou symbolique, verbale ou mentale) va définir la forme de l’action.

- Les opérations de contrôle interviennent pour auto-évaluer le mode d’action et les résultats obtenus en cours d’action. Le contrôle porte sur chaque opération et son résultat ou sur une partie des opérations et sur le produit final en comparant le produit de l’action avec le but visé. Une régulation, pour des ajustements, en boucle courte se manifeste et le contrôle de l’action absorbe toutes les ressources cognitives. S’intéresser aux opérations d’exécution et de contrôle, c’est remarquer qu’il n’y a pas d’exécution de l’action sans régulation de l’activité. C’est par l’analyse de l’activité que l’on repère le travail d’ajustement des modes opératoires. La régulation de l’activité est ainsi un objet d’investigation de l’analyse de l’activité au motif que le travail déclenche toujours une activité réflexive de l’individu.

L’activité réflexive se manifeste bien entendu pendant l’activité productive mais plus encore lors de l’activité constructive qui suit la réalisation de l’activité. Or l’activité réflexive s’accompagne, pour l’individu, d’une construction de savoirs lorsqu’il se dégage de l’activité vécue pour généraliser son activité à d’autres situations plus éloignées.

Nous comprenons mieux une activité professionnelle donnée si nous savons distinguer puis relier sa base d’orientation à la partie effective de l’activité, c’est-à-dire aux opérations d’exécution et de contrôle. Cette distinction, entre orientation et réalisation de l’activité est utile lorsqu’il s’agit d’analyser l’activité : nous cherchons à définir le but à atteindre, l’identification de la situation dans laquelle le professionnel se trouve et la détermination de ses opérations d’exécution et de résolution de problème.

Voir en ligne : Source et article complet, illustré...

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0