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Perspectives de l’action située

dimanche 3 juillet 2016, par Philippe Clauzard

- L’action située est un « courant de recherche qui se donne comme objectif l’étude des connaissances et raisonnements pratiques, en situation » (M.Durand, A propos de l’enseignement en milieu scolaire, in Revue EPS 1 n°94, 1999), et qui met en exergue le caractère fortement contextuel de l’activité humaine.
- C’est pourquoi « l’interaction sujet/situation est le point de départ de toute analyse. Chaque action, chaque pensée, chaque geste est une réalisation en contexte » (D.Haux, Une vision située, in Revue EPS n°298, 2002).

- L’action est une émergence : elle a une autonomie et des propriétés d’autoorganisation.

- « Les activités humaines sont avant tout des activités d’interprétation. Elles sont fondées sur le sens qui lie le sujet et la situation » (D.Hauw, Une vision située, in Revue EPS n°298, 2003). L’importance donnée à cette notion de signification confirme que l’action et la situation ne doivent pas être dissociée. Face au même contexte objectif, plusieurs sujets peuvent très bien construire des significations différentes.

- Dans la perspective de l’action située, la cognition est socialement et culturellement située. « Agir, c’est construire des significations dans un contexte culturel et en relation avec d’autres individus. Ces significations émergent d’un flux d’actions qui ont toujours une dimension sociale, et qui se rattachent à une culture pré-existante » (J.Saury, L.Ria, C.Sève, N.Gal-petitfaux, Action ou cognition située, in Revue EPS n°321, 2006). R.Leca écrit que le mode de raisonnement prégnant dans l’action située est le processus de « typification ». Il existe une co-détermination de l’action et de la situation, c’est à dire que la situation dans laquelle agit un individu ne peut être décrite indépendamment de son action. Il y a couplage action / situation dans le sens où l’action et la situation entretiennent des relations continues et réciproques. « Chaque action, chaque pensée, chaque geste est une réalisation en contexte » (D.Haux, Une vision située, in Revue EPS n°298, 2002). Pour un individu, les éléments du contexte sont pertinents pour son action en fonction de ses intentions, préoccupations, ou intérêts. ¾ Pour l’action située, la cognition est incarné, c’est à dire qu’elle prend racine dans un corps et ses composantes neurophysiologiques (sensori-motrices et émotionnelles).

- Il n’y a pas de relations hiérarchisées entre l’action et la cognition (comme dans le modèle cognitiviste ou la cognition « commande » l’action) : le sujet n’exécute pas un programme (ou plan) d’instruction. Pour A.Damasio (L’erreur de Descartes. La raison des émotions, O.Jacob, Paris, 1995), la cognition est inséparable de marqueurs somatiques, qui sont des traces émotionnelles laissées par nos expériences passées, et qui orientent l’action dans les situations à venir. « Ce point de vue suppose de ne pas la dissocier de l’engagement corporel, moteur et affectif des acteurs dans les situations étudiées. L’action et la cognition sont considérées comme des phénomènes inséparables et de même nature, ce que traduit la notion d’enaction » (J.Saury, L.Ria, C.Sève, N.Gal-petitfaux, Action ou cognition située, in Revue EPS n°321, 2006).

- Toute action est dans une certaine mesure une improvisation en situation : « les individus exploitent donc les ressources que leur environnement leur offre pour agir, d’une façon relativement opportuniste et indéterminée » (ibid.). Les objets sont alors considérés comme des artéfacts cognitifs, c’est-à-dire qu’ils guident l’action en assurant une économie cognitive. Dans cette perspective, les plans (comme les stratégies préalables en sport collectif) ne sont que des artéfacts cognitifs, c’est à dire une aide face au caractère indéterminé de l’action qui « rassurent et accompagnent le sujet dans ses choix en limitant le nombre de possibles » (D.Haux, Une vision située, in Revue EPS n°298, 2002).

P.-S.

Quelques liens :
- L’enseignement de l’éducation physique comme « action située de M Durand - ‎2001 - ‎- Cairn www.cairn.info/revue-staps-2...

- [PDF]Analyser l’enseignement comme une action située - CRIFPE www.crifpe.ca/download/verify/529 L’activité de l’enseignant comme étant une << action située », c’est—à—dire que l’action de ... sent dans un processus circulaire (Durand, 1998).

- Durand (Marc). - L’enseignement en milieu scolaire. - PUF

www.persee.fr/doc/rfp_0556-7... de A Marguerite - ‎1999 Marc Durand montre que les recherches scientifiques « en » enseignement, ... Theureau, 1992, qui considèrent l’enseignement comme « une action située » ... L’enseignement de l’éducation physique comme « action située ...

- [PDF]La culture en action des enseignants de M Durand

http://gric.univ-lyon2.fr/Equipe2/m...

Résumé – Dans une perspective d’action située, cet article propose une analyse de la méthode, L’action située est un « courant de recherche qui se donne comme objectif l’étude des connaissances et raisonnements pratiques, en situation »

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