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Perspectives de la psychologie ergonomique

dimanche 3 juillet 2016, par Philippe Clauzard

- La psychologie ergonomique est une branche de la psychologie dont les résultats, connaissances, méthodes et outils sont en lien avec l’ergonomie. Elle est psychologique en tant qu’elle centre ses analyses sur les comportements tels qu’ils s’expriment au niveau individuel. Elle est ergonomique dans la mesure où ses travaux portent sur les situations de travail, celles-ci devant être prises au sens large pour inclure toute activité orientée impliquant des objets techniques.

- L’article d’introduction d’un numéro spécial consacré à la psychologie ergonomique dans la revue le "Travail Humain" précise :

- "Nous nous référerons à la psychologie ergonomique pour désigner les travaux en ergonomie, fortement ancrés dans la psychologie cognitive mais non limités à celle-ci, qui ont pour objet d’étude la conception et l’évaluation des outils et des situations de travail. Cette discipline recoupe des recherches et des pratiques. Les pratiques des psychologues ergonomes consistent à intervenir dans des situations de travail pour les concevoir (ou participer à leur conception), les évaluer, les améliorer. (…) Les recherches dans ce domaine relèvent principalement de la psychologie cognitive mais s’en distinguent partiellement par leur objectif d’action sur des dispositifs socio-techniques."

- Ainsi, les fondements de la psychologie en ergonomie sont liés au développement de la psychologie cognitive, dont les résultats et méthodes ont été utilisés par les ergonomes dès les années 19703. Bien que la notion "d’ergonomie cognitive" ait été parfois préférée, probablement en raison d’une proximité avec la notion anglophone de "cognitive engineering"4, l’expression "psychologie ergonomique" a été utilisée très tôt, notamment par Jacques Leplat.

- La discipline s’est développée en France pendant la période 1980 et 1990 sans être fédérée par une structure scientifique nationale. Les relations avec l’ergonomie et la SELF6 ont été suffisantes pour structurer les intérêts de la discipline pendant ces premières années. C’est au cours des années 2000 qu’un groupe de recherche (GDR) a été institué auprès du CNRS à l’initiative de Jean-Michel Hoc. Ce GDR intégrait (en 2006) 39 équipes de recherches incluant 144 chercheurs et 112 doctorants7. Le GDR est arrivé à échéance en fin d’année 2011 et a donné naissance à l’association ARPEGE dont la vocation est de développer les travaux engagés dans le GDR8.

- En référence au découpage utilisé par Tricot, Détienne et Bastien (2003)2, la structure d’article proposée ici présente la discipline en trois temps, à travers ses objets (champs d’étude), ses paradigmes (théories utilisées) et ses méthodes. Une partie supplémentaire est ajoutée pour présenter la communauté francophone des psychologues ergonomes.

- Influence de la psychologie cognitive

- Mémoire ⇒ Traitement contraint ⇒ Appels aux connaissances antérieures. Cette approche correspond à la notion classique de l’expertise (développé chez Mayer et Sweller. Théorie additive des traitements cognitifs. Notion de charge cognitive)

- Critiques :

- Spécificité des processus mis en place par les individus par adaptation à l’environnement.
- Difficulté à articuler les niveaux de traitement (règles et routines / niveau d’abstraction)
- Absence de la notion de fonction (critique adressée à Jerry Fodor à l’oral à EuroCogSci 2007)
- Invalidation du caractère additif des traitements (e.g. Effet de préemption, Wickens)

- Apports de l’ergonomie cognitive

- Rasmussen : SRK + approche générale de "cognitive engineering" : hiérarchies d’abstraction

- Notion d’affordance

- Théorie de l’activité en ergonomie francophone

- Développements théoriques de l’ergonomie francophone :

- Théorie instrumentale (Rabardel)
- Cours d’action (Theureau). Pointer la largeur de vue de la théorie du cours d’action qui intègre les remarques faites dans d’autres sous parties de cet article Renouvellement de la cognition (située, incarnée, distribuée)

- Cognition située (Suchman)
- Cognition incarnée (Énaction : Varela)
- Cognition distribuée (Hutchins)

- Théories de l’activité

- Les théories de l’action sont multiples et peuvent renvoyer à des approches en philosophie, en sociologie et en économie (voir l’article Théorie de l’action). On trouve également une approche plus spécifique à l’ergonomie dans l’ouvrage de Donald Norman "The Design of Everyday Things".

- En ergonomie, on parlera préférentiellement de théories de l’activité dans la mesure où les analyses des psychologues-ergonomes sont focalisées sur le déploiement de l’activité des personnes confrontées à des objets techniques. La notion d’action est alors comprise plutôt comme une unité de description d’une activité globale. Cette approche est très différente de la philosophie de l’action qui envisage la notion d’action dans toute sa généralité.

- L’analyse pragmatique
- Une analyse fondamentale pour la psychologie ergonomique a été fournie par John Austin (1962). Cet auteur en philosophie analytique et en pragmatique a montré l’insuffisance de l’analyse des communications sous l’angle d’un simple échange d’informations. Il a montré que, lors d’un échange verbal, les énoncés des interlocuteurs sont des actes dont l’interprétation repose sur le fait que (1) ils sont produits intentionnellement, (2) ils sont reconnaissables en fonction de conventions sociales et (3) leur réussite ou leur échec (i.e. leur effet) dépend des destinataires11. Sur cette base, il devient nécessaire d’analyser les communications sous l’angle des fonctions des actes communicatifs.

Illusion descriptive. Notion de performativité.

(Source WikiPedia - verified !) https://fr.wikipedia.org/wiki/Psych...

P.-S.

Références bibliographiques :

- Bastien, J.M.C, Scapin, D. (1993). Critères Ergonomiques pour l’Évaluation d’Interfaces Utilisateurs. INRIA. [1]
- Hoc, J.-M., & Darses, F. (2004). Psychologie ergonomique : Tendances actuelles. Paris : PUF.
- Hoc, J.-M., Darses, F. (2006). Projet de création de groupement de recherche « Psycho-Ergo ». Dossier soumis pour évaluation et décision à la direction du CNRS. Accepté pour démarrage en janvier 2008.
- Leplat, J. (1980). La psychologie ergonomique, Paris : PUF.
- Rasmussen, J., Pejtersen, A.M. & Goodstein, L.P. (1994). Cognitive Systems Engineering. Wiley-Interscience.
- Spérandio, J.-C. (1980). La psychologie en ergonomie. Paris : PUF.
- Tricot, A., Détienne, F., & Bastien, J.M.C. (2003). Recherches en psychologie ergonomique : introduction. Psychologie Française, 48 (3), 1-8.

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