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Question de variable didactique

mercredi 14 décembre 2016, par Philippe Clauzard

- Définition Wikipedia :

Dans une tâche d’apprentissage, les variables didactiques sont des paramètres qui, lorsqu’on agit sur eux, provoquent des adaptations, des régulations et changements de stratégie. Ces paramètres permettent de simplifier ou de complexifier la tâche et ainsi de faire avancer la « construction » du savoir.

La valeur de ces variables est fixée par l’enseignant (voire l’élève) et peut être modifiée en cours d’apprentissage pour modifier la connaissance nécessaire à la solution.

La manipulation de ces variables nécessite, de la part de l’enseignant, une identification de celles-ci et une appréciation des ressources de l’élève. La maîtrise de ces variables permet de construire le décalage optimal entre les contraintes de la tâche et les ressources de l’élève ; c’est-à-dire de créer les possibilités de « perturbations maximales » de transformation de ses comportements.

Ce concept de la didactique des disciplines (développé par Guy Brousseau) est utilisé dans l’enseignement en France depuis les années 1990.

Ces variables en EPS peuvent être :

- de temps (Ex. : durée de jeu, de pose, de temps mort, d’échange),
- d’espace (Ex. : surface de jeu : dimension, forme),
- de règle et de fonctionnement (Ex : nombre de joueurs, nombre d’échanges, statut, rôles, thème).

- Variables didactiques :

Lors de la différenciation simultanée, l’enseignant peut utiliser différents moyens que l’on appelle variables didactiques. Zakhartchouk (2004) liste l’ensemble de ces variables, que nous pouvons classer en trois parties : l’apprentissage, l’organisation et l’attitude du maître.

- L’apprentissage est constitué par  :  Les outils d’apprentissage, les supports de travail : référents, cahiers, manuels, fiches, classeurs, manuels scolaires, etc. Ce sont donc l’ensemble des médiations utilisées par l’enseignant.  Les contenus : pour un même objectif, les contenus d’apprentissage peuvent être différents. Zakhartchouk donne un exemple en français, pour décrire, on peut partir d’un texte littéraire mais aussi d’un journal. L’objectif est le même, seul les contenus changent. Ce travail permettra aux élèves d’acquérir des savoirs tout en leur donnant plus de sens.  Les démarches d’apprentissages : dans chaque discipline, l’enseignant peut utiliser des nombreuses démarches telles que la démarche déductive ou la démarche inductive. Les démarches développent les divers modes de fonctionnement cognitif. La démarche déductive consiste à partir de l’hypothèse pour l’appliquer, alors que la démarche inductive consiste à partir des observations pour établir une hypothèse. L’enseignant peut donc choisir d’aller de la règle à l’activité ou de l’activité à la règle.  Les situations d’apprentissage : les élèves peuvent être en situation d’écoute, d’écoute active, de recherche, de production personnelle ou collective. Selon le moment, les élèves peuvent appliquer une règle, la construire, la transférer à d’autres contextes, la discuter ou la remettre en cause.  Les consignes : elles peuvent être ouvertes ou fermées, avec ou sans exemple, multiples ou successives, orales ou écrites. Elles peuvent être traitées individuellement ou collectivement. L’enseignant peut également différencier en reformulant une consigne à un ou plusieurs élèves qui auraient mal compris la première consigne ou qui auraient des difficultés avec la notion ou la discipline travaillée.  Les formes d’évaluation : Zakhartchouk pense que la meilleure manière de pouvoir estimer les capacités des élèves est de diversifier les méthodes et les outils pour évaluer, car une forme unique d’évaluation ne favorise qu’une certaine catégorie d’élèves. L’enseignant peut mettre ou non des notes et noter les résultats ou les progrès. L’évaluation ne doit pas décourager l’élève mais doit être le reflet de la réalité. Il y a nécessité d’une récurrence des évaluations afin de ne pas créer de différences.

L’organisation comprend :

 La gestion du temps : dans chaque séance, le temps peut être segmenté en phases courtes et dynamiques ou en phases où on travaille à un rythme plus lent. Pour un même travail, tous les élèves n’ont pas le même rapport au temps. Les rapides ne sont pas forcément les bons élèves et un élève lent peut être un élève qui n’a pas compris. La rapidité ou la lenteur n’est pas un signe de l’échec scolaire.  L’organisation de la classe : individuel, en groupe homogène, en groupe hétérogène, en groupe classe. Le travail en groupe permet d’apprendre à coopérer. Les groupes peuvent être des groupes de recherche, d’entraide, de besoins, etc. Dans les groupes de besoin, les élèves sont répartis en fonction des besoins identifiés. L’enseignant prend en charge ce groupe, constitué après analyse précise des résultats d’évaluations.  Les formes de travail.

Zakhartchouk distingue quatre types d’activités en classe :

o Les moments d’exposition de l’enseignant o Les moments de recherche o Les moments d’applications et d’exercices o Les moments d’évaluations

- Enfin, l’attitude du maître réunit :

 Le degré de guidage : l’enseignant peut encadrer ou non les élèves, introduire des moments d’autonomie comme des moments directifs, guider un élève individuellement qui s’en sort difficilement dans un exercice, etc. donc consacrer plus de temps à un individu ou à un groupe. Le degré de guidage peut également se faire de la part d’un pair de l’élève, comme en cas de tutorat.  La place du relationnel : l’ancrage affectif est plus ou moins distancié par rapport aux élèves, à leur vécu et leur environnement, de la part de l’enseignant en fonction de l’objet de travail.  Aider les élèves à se motiver : l’enseignant peut le faire en valorisant son travail et en le stimulant par des défis par exemple. D’après l’auteur, un certain équilibre doit être trouvé, et il pense que le cours magistral a sa place à l’école maternelle et élémentaire. Les variables didactiques sont donc des paramètres qui permettent des régulations, des adaptations et des changements de stratégies dans un apprentissage. Selon la façon dont l’enseignant les utilise et les fait varier, ils permettent de simplifier ou de complexifier une tâche afin de pouvoir faire avancer la construction du savoir en modifiant le choix de procédures de résolution employées par les élèves.

https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00...

Sources :

Didier Delignières, À propos d’un cycle d’apprentissage : réflexions sur la production didactique à destination du public scolaire, Revue Échanges et controverses, 1989 Jacqueline Marsenach, Volley-ball et EPS au collège, INRP, Paris, 1994 Gérard Vergnaud, L’enfant, la mathématique et la réalité, Peter Lang, Berne, 1981

Sites, documents en pdf :

http://www4.ac-nancy-metz.fr/ien57y...

http://math.univ-lyon1.fr/capes/IMG...

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