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Propos de Patrick Mayen

Analyse de pratiques et didactique professionnelle

mercredi 12 avril 2017, par Philippe Clauzard

Les éléments sur le dispositif sont également très réduits. Les personnes sont regroupées afin que joue l’inter-activité : il s’agit de permettre que chacun se représente l’activité envisagée par un aller-retour entre ses propres représentations et celles des autres. Le groupe est donc un lieu de réduction de la confusion. Le travail s’appuie sur des récits, du questionnement, des vidéos, des rencontres avec des experts. A l’inverse du précédent exposé, l’animateur n’est pas lui-même un expert du travail (métier) analysé, compte tenu de la grande variété des tâches examinées. Il est celui qui encadre et organise le travail d’analyse. On retrouve un certain nombre de questions posées sur les trois premiers exposés : ▪ quel cadre ? comment l’animateur construit ce cadre et le fait exister ? ▪ quel est le travail de chacun ? ▪ comment la dimension groupale est-elle prise en compte, travaillée ? ▪ ce travail s’inscrit-il dans une temporalité ? Ce type de travail est en grande partie déterminé par l’objectif de « construire le métier » (comme celui de conseiller en validation des acquis) dans des secteurs d’activité en émergence. Cet objectif n’est sans doute pas si éloigné que l’on pourrait d’abord le penser des enjeux actuels de la formation des enseignants puisque l’enseignement, en se professionnalisant, est lui aussi tenu de devenir un « nouveau métier ».

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un premier niveau (A. Robert, P. Mayen) s’intéresse au geste professionnel, dont l’observation permet de développer une meilleure connaissance du métier, avec comme corollaire une meilleure adaptation aux situations professionnelles.

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Toutefois, suivant d’autres recherches issues de l’approche ergonomique, lorsque le renouvellement d’une profession réduit considérablement les repères habituels en matière d’observables, l’analyse de pratiques professionnelles devient l’un des moyens susceptibles d’éviter au professionnel de caractériser seul les composantes de son métier. Dans ce cas, nécessairement groupale, elle permet d’interroger essentiellement le rapport entre l’analyse de l’activité de chacun d’une part, et la définition de l’activité professionnelle et sa validation par le groupe (Patrick Mayen).

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A partir de là, nous avons conçu un dispositif visant à ce que le groupe puisse, à partir de l’analyse de l’activité de chacun, contribuer à la construction de la tâche, construire et valider des manières de faire. L’analyse de l’activité est ainsi orientée vers la création. Dans notre intervention, nous montrerons comment les constats établis à propos des situations dans lesquelles sont amenés à agir ces professionnels peuvent être repensés dans le cadre théorique et méthodologique de la didactique professionnelle. Comment une théorie du développement permet de rendre compte des processus de genèse de l’action, d’une part, mais fournit aussi des ressources, à travers l’analyse collective du travail, pour construire la tâche, l’action et un répertoire de manières d’agir validé collectivement. Nous essayerons de mettre en évidence le rôle de celui qui prend en charge l’analyse collective, le rôle des observables recueillis par les professionnels dans l’analyse de leur travail, la place de la théorie et de l’élaboration. Enfin, nous dirons quelques mots du rôle que nous attribuons à la production d’un écrit collectif adressé à d’autres pour dire le travail et l’apprentissage du travail.

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Chez P. Mayen, l’objet de l’analyse est également le travail, avec cette spécificité qu’il s’agit d’une activité nouvelle ou en mutation. Le groupe engagé dans cette AP d’un genre particulier va s’employer, à travers, notamment, « la production d’un écrit collectif adressé à d’autres pour dire le travail et l’apprentissage du travail », à « construire ensemble le métier », à « définir les manières d’agir » et à « structurer des repères » afin « de construire des conditions pour accroître le pouvoir d’agir des professionnels ». C’est cette construction commune d’un cadre qui constitue la finalité de ce groupe d’AP. Même si P. Mayen souligne que l’absence de cadre « est une souffrance », la prise en compte d’une dimension psychique n’est pas au centre du travail.

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Dans le dispositif présenté par P. Mayen, le formateur travaille sans filet, sans garde-fou. Une bonne connaissance des théories du travail, comme y invitait P. Mayen, lui sera nécessaire. Mais non suffisante : il lui faudra, pour affronter dans sa position d’animateur l’angoisse de l’inconnu, se faire pair parmi les pairs, accepter d’accompagner le groupe dans une recherche commune.

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Cet intervenant met en exergue qu’avant même d’opérer une analyse de pratique, il serait important de définir ce que le terme « pratique » recouvre. Il part du présupposé que cette « pratique » qui fonctionne comme un allant de soi est très peu définie. Son axe de recherche est d’analyser le travail pour construire le métier. Il s’agit de préciser l’emploi considérant que l’expérience ne suffit pas. Il propose de donner comme objet à l’analyse de pratique la recherche d’un consensus sur des manières de faire et la construction ensemble des gestes du métier.

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« la production d’un écrit collectif adressé à d’autres pour dire le travail et l’apprentissage du travail », à « construire ensemble le métier », à « définir les manières d’agir » et à « structurer des repères » afin « de construire des conditions pour accroître le pouvoir d’agir des professionnels » / « s’exercer à chercher et à comprendre », de façon à « mieux agir » et « à restaurer l’estime de soi et la confiance en soi »

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