Spip d’archivages formations & recherches - philippeclauzard.com
Accueil du site > MRP Mémoire de Recherche à visée professionnelle - Méthodologie de (...) > La clinique de l’activité comme investigation dans le travail

La clinique de l’activité comme investigation dans le travail

lundi 8 mai 2017, par Philippe Clauzard

1 – L’activité

La clinique de l’activité récuse les oppositions classiques pour préférer une définition de l’activité plus globale qui intègre l’ergonomie, la clinique et la psychologie. La clinique de l’activité est pensée pour questionner ce tout.

Mais le concept d’activité est source de nombreux malentendus. Pour François Tosquelles (1912-1994), l’activité n’est pas simplement ce qui est fait mais « ce qui abîme l’homme », c’est « tout ce qu’on ne peut pas faire ». C’est cela qui fait le plus mal, beaucoup plus que l’intensification du travail. C’est l’activité qu’on rumine. L’activité réalisée n’a pas le monopole de l’activité.

2 – Le collectif

Le collectif n’est pas un système d’appartenance ou un cocon, ce n’est pas ce qu’YC entend par collectif. C’est d’abord la possibilité entre professionnels d’échanger sur ce qu’est le bon boulot, c’est la possibilité de dire à son collègue « ça c’est pas du boulot ». L’entente ne fait pas un collectif mais des collections. Le collectif, c’est d’assumer les désaccords sur le travail qu’on fait. Quand le collectif n’est plus hétérogène, cela pose problème.

Définition du collectif : lorsqu’il y a de la controverse professionnelle (ce qui est du bon boulot et ce qui ne l’est pas). Le collectif est alors un clavier sur lequel chacun joue sa petite musique à soi, c’est ce qui permet d’être seul (et non isolé), de pouvoir disposer en soi d’un collectif comme une ressource pour l’individu. C’est un collectif pour pouvoir être seul.

3 – Le travail et la reconnaissance

Le concept de reconnaissance est une « tarte à la crème » qui prend beaucoup d’importance. Pour la clinique de l’activité, la question de base, c’est de se reconnaître dans quelque chose, de s’y retrouver, sinon l’individu n’est plus reconnaissable par autrui. C’est cela qui protège le mieux des problèmes du travail. Ce n’est pas la même chose d’être reconnu par autrui et par quelque chose.

Les psy pensent que le plus important est d’être reconnu par autrui, mais quand l’organisation empêche de travailler correctement tout en multipliant les signes de reconnaissance, ce sont là des politiques de bien-être qui piétinent le bien faire !

Il est nécessaire pour le travailleur d’être « un peu fier » de ce qu’il fait. Le « travail bien fait est une source de dialogue avant tout, c’est ce qu’on arrive pas encore à dire ou à faire ». « Errer tout seul parmi l’étendue des bêtises » est une source de problème de santé. Il n’y a pas que la tâche et la prescription.

Le travail est une forme de discordance créatrice/destructrice entre :

– le personnel (voire l’intime)

– l’impersonnel (les tâches prescrites, l’organisation, etc.)

– l’interpersonnel (toute activité est adressée, il n’y a pas de solo du moi dans le travail)

– le transpersonnel (l’histoire collective qui se transmet ou non).

Le face à face entre l’impersonnel et le personnel peut être ravageur. La prescription prend une importance de plus en plus grande. Ce qui manque au milieu, c’est le dialogue entre l’interpersonnel et le transpersonnel.

Il faut réinstaller dans le collectif des désaccords sur le travail, comme objet de dialogue, de dispute professionnelle. Le travail n’est pas que du plaisir, mais il n’y a pas de clinique du travail sans déplaisir…

Voir en ligne : Questions autour de la clinique de l’activité

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0