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APPROCHE DE PSYCHOLOGIE ERGONOMIQUE DE L’ACTIVITE DE L’ENSEIGNANT, Janine ROGALSKI

mercredi 7 juin 2017, par Philippe Clauzard

Considérant l’enseignant comme un professionnel, on propose d’utiliser les cadres d’analyse et les méthodes développées en psychologie dans le champ du travail (psychologie ergonomique). Les visées d’une telle analyse sont la compréhension pour l’action, en particulier pour la conception et l’analyse de situations de formation, initiale ou continuée. On se situe dans le cadre d’une lignée « vygotskienne » de la théorie de l’activité, qui distingue des niveaux d’organisation et de temporalité de l’activité, qui rend compte de la multiplicité des préoccupations et des buts des enseignants. Un modèle de double régulation de l’activité enseignante met en avant la détermination de l’activité à la fois par la situation de travail et par les caractéristiques et états du moment de l’enseignant, et l’existence d’un double impact sur l’objet de l’action et sur l’acteur lui-même. Dans la situation d’enseignement, on définit l’objet de l’action comme le rapport entre les élèves et le contenu enseigné, rapport que l’enseignant vise à modifier pour atteindre des objectifs de connaissance ou de compétence. La nature dynamique de ce rapport conduit à considérer l’enseignement comme gestion d’un environnement dynamique particulier. Une propriété décisive de l’enseignement est le caractère humain de l’objet de l’action. Deux conséquences majeures : la nécessité d’enrôler les élèves dans le procédé didactique et la nature des modes d’action de l’enseignant. Ces derniers sont de trois ordres : la prescription de tâches aux élèves, visant une activité pour produire des acquisitions (perspective piagétienne sur l’apprentissage), l’action par le discours sur les élèves (analysée dans le cadre d’une théorie pragmatique des actes de langage), et « monstration » d’une activité disciplinaire (ou professionnelle) « experte » lorsque l’enseignant agit en traitant le contenu enseigné. Les deux derniers modes d’action mettent au centre la médiation de l’enseignant, dans une perspective vygotskienne où le développement de l’élève est « tiré vers le haut » par celui qui sait déjà, ici l’enseignant.

- La formation des compétences de l’enseignant est un objet de la didactique professionnelle

- La didactique professionnelle met en avant l’analyse de l’activité pour la conception de situations de formation

- La psychologie ergonomique offre des modèles d’analyse de l’activité

- L’enseignant est un professionnel

- L’activité de l’enseignant répond à une double régulation

- L’objet d’action de l’enseignant

- L’enseignant agit sur et avec des acteurs humains

- L’enseignant “tire vers le haut” le rapport des élèves au contenu enseigné

- L’enseignant agit directement sur le rapport entre l’élève et le contenu enseigné

- Le rapport des élèves au contenu évolue sous l’effet des actions de l’enseignant et avec une dynamique propre

- Une difficulté de contrôle de l’action et la définition de l’efficacité

- Temps multiples de l’activité

- Importance du diagnostic et du pronostic – action instrumentée

- Le traitement d’incidents est exigeant en compétences

- L’action n’est pas régulée par l’« optimalité » mais l’atteinte d’un « bon compromis »

- L’action de l’enseignant est instrumentée

- L’enseignant gère comment les élèves entrent et agissent au long d’une “route didactique” ou d’un “itinéraire cognitif”

- L’enseignant “enrôle” les élèves et la classe dans le procédé didactique retenu

- L’enseignant a une fonction de médiation entre les élèves et le contenu enseigné

- Dévolution de tâches

- Actes de langage sur les élèves

- Activité propre dans le domaine, devant les élèves

- La place de la métacognition

Voir en ligne : Article source

P.-S.

FORMER / ÉVALUER LES COMPÉTENCES Je serai ici très brève : pour évaluer, former les compétences de l’enseignant, il faut entrer dans l’arène de son activité. On peut donner plus de concepts et de méthodes pour orienter l’analyse nécessaire que pour intervenir de loin sur la conception de l’intervention pour que l’activité de l’enseignant soit plus « compétente » pour l’apprentissage d’un contenu spécifique visé. La trame que je donne ici d’une action d’évaluation ou de formation des compétences n’a rien d’une procédure à suivre : après avoir proposé des outils d’analyse de l’activité, je laisse clairement le travail de conception à ceux et celles qui seront au plus près du terrain. La première condition est en effet de contextualiser la question d’évaluation ou de formation. Tout ce qui précède a plaidé en ce sens.

Identifier les ressources et contraintes propres à l’activité de “cet” enseignant”

Accompagner l’expérience

“Outiller” le retour sur l’activité

Ouvrir à “cet” enseignant de nouveaux possibles

J’ai insisté sur la personnalisation « cet » enseignant, pour mettre en avant le fait qu’il convenait de prendre en compte l’existence de deux types de déterminants : la situation et l’enseignant lui-même. Bien sûr, on sait qu’il y a de grands invariants, un « style » général de l’activité enseignante, et qu’il y a de grandes lignes communes dans les compétences à construire ou développer chez l’enseignant. Cela ne garantit pas pour autant que l’enseignant puisse se saisir directement de l’expérience d’autrui, et bénéficier également de mêmes interventions au cours de sa formation. Le rapport de l’enseignant au contenu qu’il a en charge ou qu’il va avoir en charge d’enseigner est un des paramètres dont il faut tenir compte.

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