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Communauté de pratique

lundi 22 mai 2017, par Philippe Clauzard

La théorie des communautés de pratiques formalisée par Wenger (1998)1 s’inscrit dans une évolution épistémologique qui a conduit le domaine de la gestion des connaissances d’une vision technocentrée vers une vision anthropocentrée.

Cette théorie prône une perspective sociale de l’apprentissage, insérée dans les pratiques collectives au sein des communautés de pratique. Cette position offre un cadre original de lecture des phénomènes d’apprentissage collectif et permet d’envisager celui-ci sous un angle différent.

Remise dans le contexte plus large du fonctionnement des organisations productives, la notion de communautés de pratique est une nouvelle terminologie pour désigner les logiques ancestrales des métiers telles que le compagnonnage.

Définition

Wenger2 (2005), développe le concept de communautés de pratique comme un groupe de personnes qui travaillent ensemble (à travers des plateformes internet par exemple tels que des forums, des vidéo-conférences, des courriels…) et qui sont en fait conduites à inventer constamment des solutions locales aux problèmes rencontrés dans leur pratiques professionnelles. Après un certain temps et au fur et à mesure que ces personnes partagent leurs connaissances, leurs expertises, ils apprennent ensemble.

Pour Wenger, trois dimensions structurent les communautés de pratique (Wenger, 1998) :

Un engagement mutuel : Tous les membres de la communauté doivent respecter cet engagement. La confiance et l’ouverture aux autres sont des caractéristiques primordiales. Le but est d’utiliser les compétences et les complémentarités de chacun. Ainsi, les membres doivent être capable de partager leurs connaissances et de les lier à celles des autres membres. L’objectif principal de l’engagement mutuel est donc que chacun aide et soit aidé par un autre membre de la communauté. Une entreprise commune : D’après Wenger, il est important de créer une entreprise commune interne à la communauté. Cette entreprise aura pour but de faire interagir ses membres afin d’accomplir l’objectif de l’entreprise commune et de la faire évoluer en fonction des nouveaux enjeux et problèmes intervenants. Un répertoire partagé : Ce répertoire est primordial pour l’entreprise commune. Il caractérise les ressources permettant aux membres de communiquer, de résoudre des problèmes. Les ressources peuvent être de différents types : mots, outils, routines, procédures, dossiers…

Historique du concept

Les premiers travaux de Lave et Wenger (1991) considéraient le principe de participation périphérique légitime comme le processus central dans les communautés de pratique. Il décrit l’insertion d’un individu au sein d’une communauté établie en se contentant de tâches basiques et de l’observation des autres avant de prendre un rôle plus central dans l’organisation.

Dans des travaux postérieurs, Wenger (1998) a abandonné le principe de participation périphérique légitime et l’a remplacé par l’idée inhérente de la tension au sein d’une dualité. Wenger identifie 4 dualités dans les communautés de pratique. En particulier, il met en avant l’importance de la dualité entre participation et réification, la participation correspondant à l’expérience sociale d’appartenance à une communauté et à l’engagement dans celle-ci, tandis que la réification consiste à transformer une expérience en un objet (texte, schéma, prototype, méthode...). La réification est forcément réductrice mais elle constitue un point d’ancrage collectif indispensable au partage et à la capitalisation des savoirs.

Voir en ligne : Source WikiPedia

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