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Perception

dimanche 14 mai 2017, par Philippe Clauzard

La perception est l’activité par laquelle un sujet fait l’expérience d’objets ou de propriétés présents dans son environnement. Cette activité repose habituellement sur des informations délivrées par les sens. Chez l’espèce humaine, la perception est aussi liée aux mécanismes de cognition. Le mot « perception » désigne :

soit le processus de recueil et de traitement de l’information sensorielle ou sensible (en psychologie cognitive par exemple), soit la prise de conscience qui en résulte1 (en philosophie de la perception notamment). En psychologie expérimentale, chez l’être humain en particulier, on distingue des échelles de perception consciente d’une part, et la perception inconsciente, d’autre part. Celle-ci est qualifiée parfois d’« implicite » ou « subliminale ». Cette distinction a été étendue aux autres animaux dans la mesure où ils peuvent être entraînés et conditionnés à indiquer s’ils ont perçu ou non un stimulus.

La perception d’une situation fait appel tout à la fois aux sens physiologiques d’un organisme et à ses capacités cognitives, à un niveau élémentaire ou conscient. Perception sensorielle[modifier | modifier le code] La perception sensorielle est la perception « immédiate » que nos sens nous livrent, comme des informations directes. Le terme de « sensation » est parfois utilisé dans un sens plus large (recouvrant aussi les émotions) ; on ne peut donc le retenir pour dénommer cette forme de perception. Chez l’humain, on distingue cinq sens physiologiques délivrant cette information :

En psychologie cognitive, la perception est définie comme la réaction du sujet à une stimulation extérieure qui se manifeste par des phénomènes chimiques, neurologiques au niveau des organes des sens physiologiques et au niveau du système nerveux central, ainsi que par divers mécanismes qui tendent à confondre cette réaction à son objet par des processus tels que la représentation de l’objet, la différenciation de cet objet par rapport à d’autres objets.

Mesure de la perception sensorielle[modifier | modifier le code] Les phénomènes perceptifs ne possèdent pas d’échelle de mesure continue. Ce sont avant tout des phénomènes temporels, c’est-à-dire que leur mesure n’est pas constante pour tous les instants (t). Chez l’humain, l’ouïe et la vue sont les deux sens qui nous transmettent des informations les plus importantes sur le temps et sur l’espace ; mais l’inégalité entre les rayonnements sonores et les rayonnements lumineux est pour beaucoup à l’origine d’une flagrante inégalité entre ces sens. Le seuil de perception d’un son par l’oreille est situé à 10−16 W, quand le seuil de perception d’une source lumineuse ponctuelle (à l’œil nu) est situé à 10−18 W. La vue est donc un sens réservé à l’immédiat. L’ouïe, en véhiculant des indications d’un autre ordre, nous renseigne beaucoup plus sur ce qui est du domaine de l’émotion, des sentiments : par exemple, outre qu’elle peut porter plus d’informations, la voix au téléphone nous en dit plus sur l’état « psychologique » de l’interlocuteur qu’une photo.

Mesure de la sensation[modifier | modifier le code] Les quantités mesurables nous apprennent peu de choses sur les phénomènes perçus, comme en attestent les illusions d’optique où, par exemple, un même objet peut nous apparaître plus clair ou plus foncé suivant la luminance des objets qui l’entourent. La psychologie de la perception cherche donc à établir le lien qui existe entre l’objet physique et la perception qu’on en a.

Les théories physicalistes du xixe siècle ont tenté de relier, de façon bilatérale et univoque, sensations et grandeurs physiques. Le pragmatisme de ces recherches cherchait à exprimer des grandeurs affectives en fonction de données empiriques (degrés de hiérarchie des perceptions, comparaison de leur somme et de leur différence), des attributs sensibles en fonction de mesures physiques (définissables a priori). L’approche psychophysique a, par la suite, entrepris de mesurer précisément notre sensibilité à différents paramètres physiques (comme la couleur ou l’intensité sonore) afin de déterminer ce qui seraient les lois générales de la perception, comme la loi de Weber-Fechner.

Selon une autre approche, les courants inspirés de la psychologie de la forme (Gestalt) ont cherché à comprendre comment se structurait la perception autour de principes généraux. Par exemple, selon le principe de clôture, une forme sera plus facilement perçue si elle est fermée que si elle est ouverte ; on retrouve une illustration de ce principe dans le triangle de Kanizsa où l’on perçoit spontanément un triangle blanc alors que seuls trois disques noirs sont dessinés.

Les illusions visuelles fournissent une explication potentielle aux illusions de jugements ou illusions cognitives. À titre d’exemples, on peut citer les dessins bien connus de W.E. Hill (ma femme et ma belle-mère ainsi que le dessin de l’homme barbu). Les gestaltistes ont beaucoup travaillé sur ces équilibres visuels : premier plan et arrière-plan, zones claires et zones sombres, contours convexes et concaves. Une fois que l’expérience a permis de comprendre la dualité de l’image, les limitations dans la perception ou dans le jugement peuvent être facilement vaincues. Comme l’affirmait Goethe, nous ne voyons que ce que nous savons. Et, « la découverte consiste à voir ce que tout le monde a déjà vu et à penser ce que personne n’a encore pensé ».

On peut aussi mentionner les approches physiologiques qui cherchent à comprendre quels sont les mécanismes qui permettent la perception aussi bien au niveau des organes des sens que des neurones du système nerveux.

Voir en ligne : Source et complément WiKi

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