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L’évaluation par les pairs, un processus défaillant dans la recherche

mardi 7 novembre 2017, par Philippe Clauzard

Pour être publié, tout nouveau résultat doit être soumis à des experts du domaine. Une évaluation qui ne dit pas grand-chose sur la qualité des travaux. Premier volet de notre dossier « Publier ou périr », en collaboration avec « Le Temps ». En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/sciences/arti...

L’évaluation par les pairs, un processus défaillant dans la recherche

C’est une étape incontournable pour tous les chercheurs : afin qu’un nouveau résultat soit accepté dans une revue scientifique, ils doivent le soumettre à des experts dans leur domaine. Ce processus d’évaluation par les pairs (peer review en anglais), effectué bénévolement, est considéré comme la méthode de référence de validation des découvertes scientifiques. Brisons tout de suite le mythe : « Le fait qu’une étude ait été évaluée par les pairs ne dit pas grand-chose sur sa qualité », avertit Winship Herr, biologiste, professeur à l’université de Lausanne et ancien éditeur d’une revue scientifique. Le processus agit comme un premier filtre. « Sans évaluation, environ 2 % des articles publiés seraient corrects, reproductibles et intéressants. Grâce à la peer review, on arrive entre 10 % et 50 % », estime David Vaux, professeur au Walter and Eliza Hall Institute de Melbourne, qui contribue au site américain Retraction Watch, spécialisé dans le suivi des articles retirés ou corrigés. Si ce pourcentage reste bas, c’est entre autres parce que les relecteurs ne se basent que sur leur lecture de l’article et peuvent difficilement en vérifier les détails pratiques. En sciences expérimentales, un lecteur qui veut être certain qu’un résultat publié est valide n’a pas d’autre choix que d’essayer de le reproduire dans son propre ­laboratoire. Mais impossible à tout un chacun de répéter toutes les expériences qui l’intéressent. « La recherche devenant toujours plus spécialisée, tout le monde est obligé de faire de plus en plus confiance aux revues », explique Christine Clavien, philosophe des sciences à l’université de Genève. La plupart des revues qui pratiquent l’évaluation par les pairs ont une caractéristique commune : l’identité des relecteurs reste inconnue des auteurs et lecteurs. Le but est louable : protéger notamment les jeunes chercheurs, qui peuvent alors se permettre de critiquer les articles proposés...

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Publier ou périr : l’injonction qui pousse la science à la faute

La probité et la fiabilité de la recherche cèdent-elles du terrain sous l’impératif de productivité   ?

Septembre 2017. Un auteur d’une étude publiée dans la revue Cell conteste la décision du journal de retirer son article suite à l’impossibilité de reproduire les résultats. L’Afrique du Sud réalise qu’elle a dépensé des millions de dollars pour publier les travaux de ses chercheurs dans des revues, qui se révèlent être des journaux prédateurs, c’est-à-dire sans évaluation ­rigoureuse des articles. Les Annals of Surgery ­publient par inadvertance un article refusé et mettent deux ans à le retirer de leur collection. La revue Science diffuse un avertissement indiquant qu’une enquête est en cours sur un article, deux jours après sa publication, suite à des doutes sur les données fournies par l’équipe. Sa concurrente, Nature, reconnaît dans un éditorial qu’un de ses précédents éditos est « faux » et que la revue « n’avait pas réalisé à quel point il pouvait être néfaste ». Le Chinois Lu Jinkui a été renvoyé de son université, l’East China Normal University à Shanghaï, pour avoir leurré le journal dans lequel il publiait, et évalué lui-même son propre travail. Tous ces « faits divers » scientifiques sont tirés du site Retraction Watch, qui depuis 2010, s’intéresse aux articles retirés par les revues et aux ­à-côtés du système de publication. Ils pourraient rendre pessimiste si, en même temps qu’ils se déroulaient, la littérature scientifique et la connaissance ne s’enrichissaient pas de dizaines de milliers d’articles hors de tout soupçon. Ils révèlent en tout cas à quel point la ­recherche, les chercheurs et parfois la science ­elle-même sont sous tension...

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