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Un point de vue sur les travaux de groupe

samedi 12 août 2017, par Philippe Clauzard

De nos jours, les pédagogies basés sur des travaux de groupe deviennent de plus en plus courantes. Ces pédagogies coopératives demandent aux élèves de travailler en groupes de deux personnes ou plus, que ce soit en utilisant :

- des débats de classe ;
- des jeux de rôles ;
- des travaux pratiques en groupe ;
- etc.

On peut se demander pourquoi faire travailler les élèves en groupe permettrait d’améliorer l’apprentissage. Les premières théories disent que la motivation des élèves serait supérieure dans les travaux de groupe. Les élèves devraient collaborer entre eux, ce qui les motiverait plus que les travaux individuels qui poussent à entrer en compétition avec les autres élèves. Mais il existe aussi une raison liée au fonctionnement de la mémoire de travail.

L’effet de la mémoire de travail collective nous dit que la charge cognitive est diminuée quand on fait travailler les élèves en groupe : l’apprentissage est donc meilleur quand les élèves résolvent des problèmes en groupe. De plus, cet effet est valable pour tous les élèves, même ceux qui ont peu de connaissances antérieures ou pour les élèves novices : il ne s’agit pas d’un expertise reversal effect.

Cela vient du fait qu’avec une bonne répartition des tâches entre élèves, la charge cognitive est répartie sur plusieurs personnes, diminuant la charge cognitive pour chaque élève. Ainsi, une bonne répartition des tâches permet à chaque élève de ne faire qu’une partie des traitements nécessaires pour traiter la tâche, tout en recevant les résultats des autres élèves comme autant d’exemples travaillés.

Cela explique pourquoi le travail de groupe ne fonctionne que pour des tâches complexes et est contre-productif pour les tâches simples. Avec des tâches simples, la charge de la mémoire de travail est suffisamment faible pour que les élèves puissent la gérer individuellement : il n’y a pas besoin de la répartir entre plusieurs élèves. Seules les tâches complexes imposent une charge cognitive suffisante pour bénéficier de l’apprentissage coopératif.

Mais à cette répartition de la charge cognitive, il faut ajouter les coûts de communication entre élèves : ceux-ci doivent échanger des informations. Et ces coûts de transaction vont augmenter légèrement la charge cognitive : pour savoir à qui demander l’information, il faut conserver des informations sur la répartition des tâches dans le groupe en mémoire de travail.

Ainsi, un bon apprentissage coopératif doit explicitement concevoir les problèmes de manière à diminuer les coûts de transaction et faciliter la répartition des tâches. Cela expliquerait pourquoi les études et recherches sur l’apprentissage coopératif donnent des résultats si varié : suivant la qualité de la répartition des tâches, l’apprentissage peut être très efficace ou très laborieux. Ainsi, la majorité des études sur l’efficacité de l’apprentissage coopératif sont à jeter à la poubelle : elles ne tiennent pas en compte la qualité de la séparation des tâches.

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