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Savoirs de base sur l’ergonomie

mardi 23 octobre 2012, par Philippe Clauzard

- Définition de l’ergonomie : L’ergonomie a pour objet de « comprendre le travail pour contribuer à la conception et à la transformation des situations de travail en agissant de façon positive sur les dispositifs techniques et les moyens de travail, sur les environnements de travail, sur l’organisation et les hommes (compétences, représentations…) » L’ergonomie vise à améliorer la santé, la sécurité, le confort des personnes au travail ainsi que l’efficacité du travail L’ergonomie postule une adaptation du travail aux hommes (et non l’inverse, adapter l’homme au travail comme avec le taylorisme…)

- Un écart entre le prescrit et le réalisé : Le travail en ergonomie est analysé comme l’activité d’une personne… … avec ses effets positifs et négatifs pour la personne et pour l’entreprise. L’ergonomie analyse l’écart existant entre le travail prescrit à l’opérateur (par exemple l’enseignant) et le travail réellement réalisé par celui-ci.

- Des concepts spécifiques pour comprendre : Cette science du travail a développé des concepts spécifiques pour comprendre le travail : l’analyse de la tâche qui porte sur les dimensions matérielles du travail et l’analyse de l’activité qui concerne ce que fait l’opérateur, en insistant particulièrement sur les régulations que l’opérateur effectue pour prendre en compte la singularité et la variabilité des situations de travail.

- L’ergonomie étudie les situations réelles de travail : L’ergonomie étudie les effets du travail sur les personnes et l’entreprise ainsi qu’à ses déterminants… … c’est-à-dire aux facteurs, qui conditionnent ou influencent le travail des opérateurs au sein des situations de travail. Parmi l’ensemble de ces effets, l’ergonomie s’intéresse aux effets négatifs et positifs du travail.

- Effets négatifs/positifs ; -vers développement des compétences en situation de travail. Concernant les effets négatifs, elle étudie notamment la santé des professionnels (accidents du travail, maladies professionnelles), mais aussi l’ambiance de travail, le risque et la sécurité, la fiabilité dans une perspective de prévention et de gestion des risques. L’ergonomie s’intéresse aussi aux effets positifs du travail sur l’homme : notamment au développement des compétences comme effet du travail (un apprendre des situations que nous étudions tout particulièrement).

Analyse du travail d’un être singulier L’ergonomie n’analyse pas le travail d’un « homme moyen », mais d’un être singulier qui possède ses propres représentations, ses compétences, son histoire et trajectoire professionnelle On s’attache donc à saisir les êtres humains au travail dans leur diversité (leurs différences inter-individuelles), dans leur variabilité (variations intra-individuelles due à la fatigue, au stress…), dans leur évolution à moyen et long terme (développement des compétences, vieillissement…) Apports de l’analyse ergonomique du travail L’analyse du travail fait avancer la question du praticien réflexif sur les points suivants : la conceptualisation et l’explicitation de l’écart entre travail réel travail prescrit la distinction entre la tâche, la représentation de la tache et l’activité la réflexion sur les enjeux de l’autonomie au travail la notion d’intelligence au travail la notion de travail adressé à autrui (Clôt) les concepts de genre et de style (Clôt / Baktine) la reconnaissance de l’investissement personnel et subjectif dans le travail et son rôle dans le développement de la personne avec les concepts d’activité productive et activité constructive (Rabardel) la reconnaissance de la souffrance et de la peur au travail l’idée d’une formation par le travail et d’un apprendre des situations de travail le concept de compétences (compétences individuelles et compétences collectives articulées dans le travail) le poids de l’organisation générale du travail dans l’activité du professionnel.-

- Le principe canonique de l’ergonomie est de souligner que le travail réel d’un praticien n’est jamais la simple réalisation du travail prescrit. Il y a un écart entre « ce qu’il y a à faire et ce que l’on fait » (Leplat) le rapport entre les deux varie selon les praticiens et selon les situations. Interroger cet écart est un des enjeux essentiels de toutes pratiques réflexives, de toute analyse de la pratique professionnelle. Le tableau suivant montre les différentes strates de ce modèle théorique appliqué ici au monde de l’enseignement et de la formation...

P.-S.

Notes extraites de l’ouvrage Ergonomie : concepts et méthodes, collection dirigée par Pierre Rabardel, Octares mai 2002

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