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Béhaviorisme : la science du comportement

mardi 29 août 2017, par Philippe Clauzard

Le béhaviorisme est né aux Etats-Unis et a dominé les recherches en psychologie durant la première moitié du XXème siècle. C’est J. B. Watson qui incarne le premier ce courant, avec un texte fondateur qu’il publie en 1913 et dans lequel il signifie que d’un point de vue béhavioriste, la psychologie est une branche expérimentale purement objective des sciences naturelles. Il ajoute que le but théorique du béhaviorisme est la prédiction et le contrôle du comportement.

La psychologie introspective, désormais considérée comme non objective, est alors rejetée par le béhaviorisme. En effet, Watson considère que pour être objectifs, les psychologues doivent étudier des faits observables que l’on puisse mesurer et quantifier, c’est à dire les comportements.

Quel est le but du béhaviorisme ? La finalité du béhaviorisme est d’orienter, de modifier le comportement des hommes pour qu’ils puissent réorganiser leur existence et surtout l’éducation de leurs enfants. Pour réaliser cet ambitieux projet, les psychologues béhavioristes doivent parvenir à prédire et contrôler les comportements. En d’autres termes, ils doivent établir les lois des comportements.

Plus précisément, cela signifie que pour pouvoir contrôler ou produire une réponse (R) souhaitée, les béhavioristes doivent connaître ce qui a déclenché cette réponse, c’est à dire le stimulus (S) déclencheur. Schématiquement : S ? ----> R souhaitée Et inversement : en connaissant le stimulus, les psychologues béhavioristes doivent pouvoir prédire la réponse. Schématiquement : S connu ----> R ?

Pour ce faire, les béhavioristes vont adopter la méthode utilisée en psychologie animale pour l’appliquer à l’étude des comportements humains.

Les lois de l’apprentissage de l’animal appliquées à l’homme C’est ainsi que les travaux sur l’apprentissage chez l’animal vont entrer en scène dans l’étude des comportements humains. Dans un premier temps, ce sont les travaux de E.L. Thordinke qui vont retenir l’attention des béhavioristes. En effet, ce chercheur en psychologie animale a observé au cours de ses nombreuses expériences deux phénomènes principaux : d’une part, l’apprentissage s’effectue par essais-erreurs et d’autre part, le réduction progressive des comportements inappropriés s’effectue de façon similaire chez toutes les espèces animales. En effet, Thorndikeretrouve à chaque fois la même courbe d’apprentissage (voir la figure ci-contre), quelque soit l’animal étudié.

De ces expériences, Watson en conclue qu’il est possible, en utilisant les méthodes de la psychologie animale, de produire des lois qui permettent de prédire et de contrôler les comportements humains. Mais Watson n’ambitionne pas seulement de prédire ou de contrôler les comportements, il souhaite également pouvoir induire de nouveaux comportements. Pour atteindre cet objectif, les béhavioristes vont, cette fois, se tourner vers les travaux de Y. P. Pavlov sur le conditionnement de l’animal.

Le conditionnement (répondant) de l’animal Dès 1914, Watson (le fondateur du béhaviorisme) s’intéresse aux travaux de Y. P. Pavlov sur le conditionnement des réflexes canins. En effet, au cours de ses travaux, Pavlov établi un ensemble de lois du conditionnement.

Mais d’abord, qu’est-ce que le conditionnement ? Le conditionnement est une forme d’apprentissage qui se caractérise par une association entre un stimulus et un comportement. C’est Pavlov qui a découvert ce phénomène par hasard, en menant ses études sur la salivation des chiens : il remarqua qu’un chien qu’on avait amené déjà plusieurs fois au laboratoire commençait à saliver avant qu’on lui introduise de la nourriture dans sa gueule. La simple odeur, la simple vue de la nourriture et même la simple vue du plat ou de la personne qui lui apportait habituellement de la nourriture suffisait à faire saliver le chien. Pavlov appela ce phénomène le réflexe conditionnel (ou réponse conditionnelle), du fait que le réflexe dépend des conditions du milieu. Il finit par considérer ce réflexe conditionnel comme la base de tout apprentissage chez les animaux, mais également chez les êtres humains.

Quelles sont les étapes du conditionnement ? Suite à cette découverte, Pavlov a consacré toutes ses recherches à l’étude des réflexes conditionnels. Il a ainsi montré qu’un large éventail de stimuli quelconques sont susceptibles de devenir des stimuli conditionnels (c’est-à-dire des stimuli qui déclenchent un réflexe conditionnel), s’ils sont associés à un stimulus inconditionnel. Cela peut être un son, une lumière, une vibration...

Ce processus par lequel un stimulus neutre se transforme en stimulus conditionnel est appelé le conditionnement répondant. Les différentes étapes de ce processus sont illustrées dans la figure ci-contre.

Y-a-t-il des principes qui régissent le conditionnement répondant ? On peut retenir quatre principes élémentaires qui régissent l’apprentissage par le conditionnement répondant :

L’extinction : un réflexe conditionnel risque de disparaître si, à plusieurs reprises, le stimulus conditionnel (ici, la gamelle) n’est pas suivit du stimulus inconditionnel (ici, la nourriture). La récupération spontanée : le réflexe conditionnel peut réapparaître après une extinction. Il faut généralement plusieurs séances d’extinction pour véritablement supprimer une réponse conditionnelle. La généralisation/discrimination : lorsqu’un stimulus neutre est devenu un stimulus conditionnel (ici, la gamelle bleue), les stimuli du même type (par exemple, une assiette bleue) sont susceptibles de déclencher eux aussi un réflexe conditionnel. Or, si ces derniers ne sont jamais suivit du stimulus inconditionnel, ils finiront par être discriminés, c’est-à-dire différenciés du stimulus conditionnel (dans ce cas, l’assiette bleue finira par être différenciée de la gamelle bleue et ne fera plus saliver le chien). Le conditionnement d’ordre supérieur : il s’agit d’ajouter un nouveau stimulus conditionnel à un autre stimulus conditionnel déjà établi. Dans notre exemple, si l’on associe le son d’une cloche à la vue de la gamelle, après plusieurs séances d’apprentissage, le seul son de la cloche fera saliver le chien.

Les bases du conditionnement de l’animal étant posées, Watson va désormais s’appliquer à les transposer à l’homme.

Le conditionnement (répondant) de l’homme Après avoir pris connaissance des travaux de Y.P. Pavlov sur le conditionnement répondant chez les animaux, J.B. Watson (le fondateur du béhaviorisme) considère que ces études expérimentales du conditionnement fournissent la clé de l’analyse des apprentissages humains. En effet, pour lui, le réflexe conditionné est le principe de base de toute acquisition chez l’homme.

Ainsi, selon Watson, sur la base de relations comportementales primaires, viennent s’ajouter de nouvelles organisations de type stimulus ---> réponse, et ce schéma s’applique à tous types de stimuli, qu’ils soient émotionnels, verbaux...

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