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Aider en équipe les élèves en difficultés, Un éventail de possibilités

samedi 16 février 2013, par Philippe Clauzard

Ce document est issu d’une réécriture d’une synthèse de l’Académie de Paris, des adaptations ont été apportées pour une meilleure déclinaison locale. Il est susceptible d’évoluer à partir de la manière de se l’approprier et d’échanges entre enseignants des établissements du primaire et du secondaire.

Pour mieux aider l’élève, il faut connaître :

- ses possibilités, ses savoirs, ses compétences d’une part ;
- ses difficultés et ses besoins d’autre part.

Pour cela, il est nécessaire d’observer, de comprendre l’élève. Un dialogue doit être amorcé et développé avec l’élève lui-même. Il est également important d’utiliser des termes professionnels où l’on distingue bien l’élève et l’enfant, l’écolier et la personne, les aspects scolaires et les aspects psychologiques ou nettement privés, que la déontologie impose de respecter avec la plus grande discrétion.

L’observation centrée sur l’élève

Qu’est-ce qu’observer ? Observer consiste à recueillir des données pour les analyser et pouvoir ensuite prendre des décisions pour agir. L’observation s’inscrit dans la démarche d’évaluation. L’observation répond la plupart du temps à un questionnement. Elle est animée par la recherche de sens, la recherche de signification. Ce sont l’analyse et l’interprétation qui permettent d’adapter des réactions et des propositions pédagogiques.

Il existe divers niveaux de structuration de l’observation :

- l’observation de l’enseignant dans sa pratique ordinaire dont les traces sont la prise de notes ;
- l’observation d’un observateur extérieur ou par l’enregistrement audio ou vidéo ; elle permet une double observation : de l’élève, mais aussi de l’enseignant et de sa pratique ; elle permet d’observer ce que l’enseignant ne voit pas, n’entend pas ;
- l’observation structurée, préparée par l’utilisation de grilles, de tests. Elle peut concerner également l’analyse des traces écrites, des erreurs.

Quand et où observer ?

- Dans la classe ou dans les autres lieux d’activité scolaire (bibliothèque, salle informatique) lors d’une tâche en autonomie, lors d’un travail de groupe… ;
- pendant les interventions d’un autre adulte ;
- lors des déplacements, dans la cour de récréation, à la cantine, à la sortie…

Qu’observer ?

- Le comportement individuel, par rapport au groupe, par rapport aux adultes ;
- les prises de parole de l’élève ;
- des attitudes face à la tâche donnée, face à l’apprentissage ;
- les actions de l’élève ;
- les procédures, les stratégies de l’élève dans l’activité ;
- les productions écrites ou graphiques ;
- les réussites, les erreurs.

Les limites de l’observation

L’observation n’est pas neutre car elle induit des comportements chez l’observé. La propre subjectivité de l’observateur, ses représentations, ses attentes, incitent à continuellement aller au-delà de l’information qui est prise ou donnée pour éviter de ne voir que ce que l’on a envie de voir… Cette subjectivité oblige à une discipline personnelle…

Définir l’attitude de l’élève observé

Centrons-nous sur l’élève pour définir son attitude. Il est plus aisé de définir l’attitude d’un élève, si l’on organise l’observation selon trois rapports qu’entretient l’élève :
- son rapport aux tâches scolaires ;
- son rapport aux adultes ;
- son rapport à ses pairs. Les mots qui décrivent peuvent varier selon les tâches scolaires.

L’entretien avec l’élève

Centrons-nous sur l’élève :

- pour comprendre ses difficultés,
- pour l’aider à les comprendre,
- pour y remédier, au moyen de l’entretien qui débouche sur un projet avec l’élève.

Un entretien pour quels élèves ?

Il s’adresse tout particulièrement aux élèves dont les difficultés alertent l’enseignant et dont il a mentionné la situation en équipe.

Quels sont les objectifs de l’entretien ?

- Mieux comprendre ce que l’élève perçoit de ses difficultés et comment il les ressent.
- Mieux comprendre les difficultés, les vérifier.
- Aider l’élève à les identifier et à repérer ses domaines de réussite, l’aider à hiérarchiser ses difficultés.
- Conduire l’élève à comprendre que les erreurs sont une étape et permettent des apprentissages ultérieurs pour peu qu’on les analyse avec lui,
- Montrer à l’élève la mobilisation de l’enseignant.
- Rassurer l’enfant par rapport à ce qu’est apprendre (« surmonter des difficultés ») et sur ses capacités à progresser.
- Mobiliser l’élève.

Qui mène l’entretien ?

L’entretien est mené si possible par l’enseignant de la classe ; il peut aussi l’être par le directeur ou le professeur principal, un autre enseignant connaissant l’enfant, par exemple lorsque l’enseignant actuel est un remplaçant, un membre du RASED, tout professionnel de la pédagogie ayant établi ou susceptible d’établir une relation de confiance avec l’élève. Parfois la présence d’une deuxième personne sera jugée utile pour un entretien conjoint.

Où mener l’entretien ?

La classe peut-être, mais un autre lieu peut être préférable. L’aspect symbolique du lieu a son importance. On peut imaginer que les établissements scolaires aménagent des lieux de rencontre enseignants/élèves hors la classe.

Quand mener l’entretien ?

Un temps trop court ne permettra pas d’approfondir la relation avec l’élève ; un temps trop long peut entraîner un malaise de la part de l’enfant ; d’où cette durée indicative : de 10 à 20 min. Cet entretien peut se dérouler pendant l’aide personnalisée ou les autres temps de soutien.

Comment commencer l’entretien ?

Pour commencer, on expliquera à l’élève l’objectif de l’entretien, en évitant tout flou ou imprécision susceptibles de créer de l’anxiété. Cet entretien est un temps d’échange afin que l’enseignant comprenne comment il va pouvoir aider l’élève à mieux apprendre. Une attention particulière est à porter au ton de l’entretien : un ton trop léger peut banaliser, un ton dramatique ou autoritaire peut inhiber. On évitera d’induire les réponses ; on acceptera l’absence de réponses et les silences. L’entretien se conduit aussi en fonction de la personnalité de l’élève, de son parcours scolaire, de son contexte personnel... Pendant l’entretien, on pensera à rassurer l’enfant si c’est nécessaire, à l’encourager, à accueillir ses réponses avec un intérêt manifeste. (N.B. Le terme « enfant » est sciemment employé afin de différencier le regard psychologique et bienveillant a apporté à l’élève – terme professionnel)

Quelles questions poser ?

Les questions générales de départ servent d’introduction avant d’aborder les questions centrales de rapport à l’apprentissage.

- Sur l’école et le travail scolaire en général Comment te sens-tu à l’école ? Est-ce que cela change ou est-ce toujours pareil ? Est-ce que tu aimes aller à l’école ? A quoi sert l’école pour toi ? Qu’est-ce qui te plaît le plus à l’école ? Qu’est-ce que tu aimes le plus faire ? Qu’est-ce que tu préfères apprendre à l’école ? Qu’est-ce qui te plaît le moins à l’école ? Quelles sont les matières où tu réussis le mieux ? Et parmi les différentes matières (les citer) ? Et le sport ? Les éventuels ateliers ? Quels sont les moments dans la journée de la classe ou dans l’année que tu aimes particulièrement ? Quels sont ceux que tu aimes le moins ?

Et en récréation, à quoi joues-tu ? Toujours avec les mêmes camarades ? As-tu des copains dans la classe ? Dans d’autres classes ?

Après l’école, comment se passe le travail à faire à la maison ? Pratiques-tu un sport ou une autre activité après l’école ?

A l’école, qu’est-ce qui est facile pour toi ? Qu’est-ce que tu réussis ? Où fais-tu des progrès ? Qu’est-ce qui est difficile ? Qu’est-ce qui te fait le plus progresser ? Quel est le compliment qui te fait le plus plaisir ?

- Sur les réalisations de l’élève dans les domaines où l’enseignant repère des difficultés Préciser à l’élève qu’il ne va pas avoir à refaire des activités de la classe : ce qui intéresse l’enseignant est que l’élève lui explique comment il s’y prend quand il les fait, ce qui intéresse l’enseignant est de comprendre un peu mieux « ce qui se passe dans sa tête ».

A partir des évaluations nationales : Quel est ton avis sur ces évaluations ? A ton avis à quoi servent-elles ? (montrer le livret d’évaluation fermé) Qu’est-ce que tu as ressenti au moment des évaluations ? Comment les as-tu trouvées ? Faciles ou difficiles ? Longues ou courtes ?... (feuilleter le livret et le consulter avec l’élève)

A partir d’autres réalisations de l’élève ou un document que l’enseignant a sélectionné (évaluations, cahier quotidien) : Qu’est-ce que tu as su faire le mieux ? Qu’est-ce que tu as su faire le moins bien ? Montre-moi le ou les exercices qui t’ont semblé faciles ? Ou difficiles ?

Proposer à l’élève à partir de quelques exercices échoués, réussis ou sans réponse, un questionnement permettant d’expliciter les procédures, les démarches :

- pour solliciter des descriptions des procédures : Comment sais-tu que … ? A quoi reconnais-tu que… ? Que fais-tu quand… ? Comment t’y prends-tu pour … ? Peux-tu m’expliquer comment… ? Si tu avais à le refaire, comment t’y prendrais-tu ?

- pour aider à la précision des descriptions : Quand tu …... tu t’y prends comment ? Par quoi commences-tu ? Peux-tu dire ce que tu as compris de la consigne ?
- pour aider à la prise de parole quand elle est peu aisée : Quand tu dis je n’ai rien fait ou c’était trop difficile, comment savais-tu que c’était trop difficile ? Montre-moi comment tu fais pour… ? (au lieu de « Explique-moi ce que tu as fait »). Qu’est-ce qui peut t’aider à … ? Qu’est-ce qui pourrait t’aider : personne, documents, outils … ? Le questionnement s’arrête lorsque l’enseignant aura obtenu les réponses aux questions qu’il se posait sur le fonctionnement de l’élève face à la tâche, en situation de réussite ou de difficulté.

Comment conclure l’entretien ? Le maître reprendra les points essentiels mentionnés et en particulier des paroles de l’élève depuis le début.

Il demandera à l’enfant s’il est d’accord avec ce résumé.

- Soit l’enseignant a besoin de faire le point sur la situation de l’élève au vu des éléments qu’apporte l’entretien : dans ce cas, il dit qu’il va réfléchir à la façon de mieux le faire progresser à partir de cet échange et qu’il lui en fera part.
- Soit l’enseignant enchaîne sur le projet d’aide : compétences prioritaires à travailler/modalités de personnalisation, etc.

Comment enchaîner sur le projet d’aide, type PPRE ?

L’enseignant explique l’aide proposée : Nous (si plusieurs collègues sont concernés), avec…, nous avons pensé… J’ai pensé pour toi à un projet pour t’aider à mieux réussir à l’école »… Tout ce que nous venons de dire m’aide à voir plus clair dans le programme que je te propose. Suit la présentation des grandes lignes du programme. Cette présentation peut aussi se faire lors d’un autre entretien... Qu’en penses-tu ? Cela peut-il t’aider ? Crois-tu que quelque chose ou quelqu’un pourrait t’aider (à l’école, à la maison...) dont nous n’avons pas encore parlé ? Le projet peut s’accompagner d’un document pour l’enfant (le PPRE de l’élève), avec en termes simples une transposition du PPRE des professionnels Si nécessaire, on fixera la date de la prochaine rencontre (avec sa famille, son enseignant ou autre…).

L’entretien ci-dessus évoqué permet de faire le point sur la situation, sur les apprentissages, sur le parcours de l’élève.

Bien d’autres occasions permettent d’organiser le dialogue sur la tâche donnée, permettant d’expliciter procédures et incompréhensions et de faire prendre conscience à l’élève de sa démarche et des stratégies pour réussir.

- Le projet de l’élève : projet d’aide, projet personnalisé, PPRE : c’est un contrat cadre passé avec l’élève qui le responsabilise.

Ce que je réussis bien : Ce qui m’intéresse : Ce qui est difficile pour moi à l’école : Je vais m’entraîner à : Qui va pouvoir m’aider et comment ? Qui pendant le temps de classe ? Comment m’aider ? Qui le midi ? Comment m’aider ? Qui après la classe ? Comment m’aider ? Qui ailleurs ? Comment m’aider ? Mon emploi du temps de la semaine à la page suivante montre mon programme personnel. Le prochain rendez-vous pour faire le point : Date Mes progrès Ce qui reste difficile Ce qu’on décide

Le rapport à la tâche proposée à l’élève

Après nous être centrés sur l’élève pour définir son attitude, pour comprendre ses difficultés et l’aider à les comprendre et y remédier, n’oublions pas le quotidien de la classe : tout au long de la journée vont se succéder une multitude de consignes. Centrons-nous sur le rapport à la tâche proposée à l’élève et sur les bonnes conditions à instaurer pour qu’il s’en approprie le sens. « Devenir élève », ce n’est pas seulement respecter des règles et faire ce que l’enseignant attend. C’est aussi – et le programme de l’école maternelle donne des précisions à ce sujet pour l’élève – comprendre ce qu’il apprend, établir une relation entre les activités matérielles réalisées et ce qu’il en apprend. « Dire ce qu’il apprend » est ainsi une compétence de fin d’école maternelle. Toujours dès l’école maternelle, les élèves « acquièrent des repères objectifs pour évaluer leurs réalisations ; en fin d’école maternelle, ils savent identifier des erreurs dans leurs productions ou celles de leurs camarades ». La seule validation de la part du maître ne peut par conséquent être la démarche retenue. Des études ont montré l’impact négatif des « malentendus » scolaires où l’élève « écoute bien », montre les signes extérieurs d’un élève attentif, cherche à exécuter une consigne, et n’en a pas compris les enjeux. L’attitude de l’enseignant, l’explicitation qu’il fournit sur la situation proposée (dès l’école maternelle), la compréhension qu’il permet à l’élève de la tâche, sont extrêmement importantes. L’élève doit comprendre que la tâche scolaire n’est pas une fin en soi mais qu’il existe derrière elle un enjeu d’apprentissage. Il convient qu’il sache se défaire de la matérialité de la tâche afin d’exercer des activités sur ce qu’il effectue à sa table de travail. L’on cherche parfois dans des projets coûteux en temps et en énergie à « donner du sens », perdant de vue parfois les apprentissages. Dix types de questions sont destinées à enrichir le dialogue avec les élèves au début/en cours/en fin d’activité, pour développer la distance de l’élève à la tâche donnée (qui n’est pas réduite à une consigne à exécuter), pour donner à celle-ci tout son sens scolaire, pour aider l’enseignant à se mettre à la place de l’élève, pour éclaircir la situation scolaire proposée, pour lui donner une « clarté cognitive » et la traduire en termes d’enfant :

Des questions pour dialoguer sur la tâche avec les élèves

1. Quoi ? Qu’est-ce que je dois faire ? (les consignes)

2. Pourquoi le professeur nous donne-t-il cette consigne ? pour apprendre quoi, à être capable de faire quoi ? (les compétences visées, les objectifs de la situation, les raisons du choix du support, de l’installation en groupe, du recours à l’ardoise, etc.)

3. Pourquoi aujourd’hui ? (la place dans la progression soit collective, soit individuelle), Qu’avons-nous déjà appris ? (l’explicitation des acquis par rapport auxquels se situe la séance), Sommes-nous au début de nos découvertes ? (le statut de l’activité : découverte, application, entraînement, remédiation, évaluation)

4. Dans quel cahier, classeur… allons-nous travailler ? (le domaine, la discipline)

5. Comment vais-je m’y prendre ? (avec quel matériel, par quelles méthodes, en passant par quelles étapes, avec quelle modalité de coopération ou de possibilité d’aide)

6. Comment saurai-je que j’ai réussi ? (les critères de réussite qui donneront les critères d’évaluation lors de la correction ou de l’évaluation)

7. Qu’est-ce qui va être ou a été facile et difficile ? (l’appréciation de la tâche donnée ou/et des compétences pour l’effectuer)

8. Comment m’y suis-je pris ? (démarches et stratégies pour réussir, pour surmonter les obstacles, pour les accepter et confrontation avec celles des autres). Si nécessaire, ai-je formulé une demande d’aide ?

9. Que faire pour mieux réussir, m’entraîner à savoir faire ce que je ne sais pas encore bien faire ? (différenciation : les exercices ou situations de remédiation, les modalités d’aide envisagées) Ou pour faire encore plus difficile ? (différenciation : l’approfondissement)

10. Pourquoi plusieurs adultes m’aident-ils ? Pourquoi le professeur me garde-t-il en aide personnalisée ? (explicitation de la complémentarité des aides, des temps, des modalités, rôle de chacun par rapport aux compétences travaillées et selon des situations en rapport avec celles-ci)

Plus simplement, en fin de chaque séance, l’enseignant demande aux élèves d’expliciter :

1- « qu’avez-vous fait ? », 2- « comment avez-vous fait ? », 3- « qu’avez-vous retenu ou appris ? »

Ces questions permettent de fixer une mémoire collective de l’activité engagée, de s’intéresser aux procédures utilisées par les élèves : leur manière de résoudre un problème renseigne plus sur ce qu’ils apprennent que le résultat seul (qui peut être le fait du hasard, du copiage sur le voisin ou le résultat juste d’une procédure erronée non reproductible dans une autre situation). La dernière question permet de vérifier si les élèves ont appris une connaissance et/ou une compétence visée(s) ; ou bien s’ils demeurent à des « traits de surface » de l’activité (du genre « on a souligné en rouge des sujets », au lieu de « on a appris à identifier le sujet de la phrase, qui peut être un mot ou un groupe de mots, qui peut comprendre un déterminant et un nom... »).

Il convient que les élèves ne s’arrêtent pas au « faire », au seul tracé, ou réécriture, ou autre manipulation qui ne sont que les supports à un apprentissage d’une notion donnée, sur laquelle ils doivent s’autoriser à exercer des activités de pensée. L’élève ne doit pas retenir, en fin de séance, l’activité même qu’il a effectuée mais la notion que l’activité a révélée, qu’il a pensé.

- Associer les parents dans une alliance autour de l’enfant

- La communication autour du PPRE et du projet d’aide en général - Les rendez-vous individuels avec les familles

Le rôle de parent d’élève se construit par l’expérience, d’où l’importance du premier entretien avec le directeur de l’école/professeur principal et de la première réunion de parents d’élèves. Pourquoi évoquer les relations école-famille et pas seulement école-parents ? La parentalité est une notion qui s’élargit : familles recomposées, homoparentalité, mères célibataires, structures familiales étrangères à notre culture. Les interlocuteurs des enseignants ne sont plus toujours les uniques parents biologiques. L’évolution de notre société demande à l’école de ne pas adopter de positions rigides. Dans les quartiers en politique de la ville, les associations qui ont parfois une grande connaissance de la situation de la famille et sa confiance peuvent avoir un rôle de médiation. Le recours au service d’interprétariat ISM (Inter Service Migrants) est très utile pour un entretien important.

Avant l’entretien : Les parents sont de préférence non pas convoqués mais conviés. Le motif de la rencontre est porté à la connaissance des parents, brièvement, pour leur permettre de faire le point avec leur enfant et entre eux avant cette rencontre. De même, la nécessité ou non de la présence de l’élève à cette réunion peut être précisée. Si une autre personne que l’enseignant est présente à la rencontre, l’enseignant informe le parent de son nom et de sa fonction. Le directeur peut jouer un rôle de médiateur dans certaines situations.

Pendant l’entretien Les conditions : Concrètement, le parent est accueilli et « reçu », dans un lieu prévu à l’avance, permettant d’installer une relation de confiance, en toute confidentialité. Il est souhaitable de s’assurer que l’on ne sera pas dérangé pendant l’entretien. Chacune des personnes participant à l’entretien est présentée avant que celui-ci ne commence. Établi sur un sujet de rencontre précis, l’entretien, pour être efficace, se déroule durant un temps donné décidé conjointement. Si la durée est insuffisante et que le besoin se fait sentir, un autre rendez-vous pourra être pris. Ces aspects concrets de la communication vont créer, s’ils sont bien assurés, des conditions favorables à la communication.

L’attitude, les débuts de l’entretien L’attitude à rechercher n’est ni compassionnelle, ni culpabilisante, mais professionnelle. Les propos tenus doivent se fonder sur des faits, des constatations et non sur des jugements ou interprétations. Pour clarifier l’objectif de l’entretien dès le début, le représentant de l’école montre au parent que l’on a besoin d’avoir son point de vue pour réfléchir ensemble (« nous avons un objectif commun : la réussite de votre enfant ») ; l’objectif est vraiment de créer une « alliance » autour d’une même personne (l’élève pour le professionnel qui enseigne, l’enfant pour la famille). Par conséquent, s’il donne des informations, l’enseignant est aussi en situation d’écoute. Ces précautions, cette attention, ne signifient pas pour autant que l’enseignant va réduire ses objectifs ou ses exigences. Il est nécessaire de commencer l’entretien, quel que soit son objectif, par des propos positifs au sujet de l’enfant.

+ d’infos sur le document ci-dessous au format pdf

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